Espoir, guérison et hospitalité

février 20, 2017

Que peut nous enseigner, en Europe, l’héritage de la courageuse petite Malte, plus petite que l’Ile de Man, au moment où nous faisons face aux défis actuels ?

Cette question sera à la base du prochain Forum sur l’état de l’Europe, qui se tiendra dans la capitale de Malte, La Valette, les 7 et 8 mai prochains. Une Europe ayant besoin d’espoir, de guérison et d’un rappel du mandat biblique de l’hospitalité, peut puiser une inspiration nouvelle à partir des moments clés de l’histoire de Malte.

Avec une population d’à peine 400.000 personnes, Malte exerce des responsabilités importantes, en prenant la barre de l’Union européenne pour la guider à travers les eaux tumultueuses du Brexit et des relations transatlantiques imprévisibles, durant son mandat présidentiel de six mois. Il est quelque peu ironique que la jeune république de 43 ans préside le Conseil de l’Union européenne pendant que son ancienne puissance coloniale, qui a dominé Malte plusieurs siècles durant, active sa procédure de quitter l’Union. Cette présidence dit quelque chose sur la parité des petites nations au sein de l’Union qui seraient, dans le cas contraire, vouées à souffrir sous l’hégémonie de plus grandes nations.

L’histoire de Malte, vieille de sept mille ans, est celle de l’assujettissement aux Phéniciens, aux Romains, aux Maures, aux Normands, aux Siciliens, aux Espagnols, à l’Ordre des Chevaliers – Hospitaliers, aux Français et aux Britanniques. Au cours de la célébration publique du Forum, le dimanche 7 mai, trois histoires, tirées de cette Histoire pittoresque, seront mises en évidence dans le programme en la pro-cathédrale anglicane Saint-Paul. Cet événement en trois parties se poursuivra avec des postes de prière en la co-cathédrale catholique Saint-Jean, également maison spirituelle des Chevaliers de l’Ordre de Malte, et se terminera dans les Jardins supérieurs de Barrakka, surplombant le Grand Port.

Légendaire

Luc, dans le livre des Actes, décrit, avec des détails graphiques, le traumatisme que lui-même, Paul et tous ceux qui étaient à bord du bateau d’Alexandrie naviguant en direction de Rome, expérimentèrent au cours de la violente tempête qui fit rage pendant plusieurs jours sans soleil ni étoiles. « Nous perdîmes enfin toute espérance de nous sauver (27:20) », écrit-il avec franchise. Après une visite angélique, Paul reçut un nouvel espoir et encouragea tout le monde à avoir foi en Dieu. Personne ne serait perdu, déclara-t-il, même si le bateau ferait éventuellement naufrage sur une île. Exactement comme Paul l’avait prédit, nous raconte Luc, tous atteignirent le rivage en toute sécurité. Le résultat à long terme de cette terrible épreuve fut la guérison de tous les malades de l’île (28:9) et la conversion des insulaires à la foi chrétienne. La vie et la société maltaises ont été façonnées par cette foi depuis désormais deux millénaires.

Qu’est-ce que Dieu pourrait vouloir provoquer à la suite des ‘violentes tempêtes’ secouant actuellement l’Europe ? Ses voies sont plus élevées que les nôtres. Nous aussi devons avoir foi en Dieu et prendre courage au milieu de l’adversité.

En 1565, Malte fut assiégée par une armada ottomane de plus de 200 navires et de quelque 48.000 soldats. Les Chevaliers de Malte n’étaient que 500, soutenus par à peine 5.600 soldats, galériens et domestiques. Les Turcs firent pleuvoir environ 130.000 boulets de canon sur les fortifications maltaises, lors du bombardement le plus soutenu de l’histoire jusqu’à cette époque-là. Pourtant, les insulaires résistèrent au siège durant quatre mois chauds d’été, jusqu’à l’arrivée des renforts.

La défense maltaise de leur île devint légendaire, un des événements les plus célèbres de l’Europe du seizième siècle. ‘Rien n’est plus connu que le Siège de Malte’ observait Voltaire deux siècles plus tard. Bien que lents à apporter leur soutien à l’île, les rois d’Europe se rendirent compte que la seule manière de pouvoir vaincre les Ottomans à long terme était de mettre un terme à leurs querelles et de s’unir ensemble. Le Grand Siège nous enseigne aujourd’hui à persévérer ; à être unis dans notre diversité ; et que le repli dans l’attitude nationaliste et compétitive de ‘notre pays d’abord’ n’est pas une option.

Combats aériens

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Malte fut soumise aux bombardements les plus lourds et les plus soutenus de toute la guerre : quelque 154 jours et nuits et 6.700 tonnes de bombes. Les bombardiers italiens commencèrent à attaquer La Valette et ses ports le jour après la déclaration de guerre de Mussolini. Trois biplans Gladiateurs, surnommés par les insulaires ‘Foi’, ‘Espoir’ et ‘Charité’, constituaient la seule défense aérienne disponible. Ceux-ci gonflèrent malgré tout le moral de la population lorsqu’ils furent témoins du combat aérien similaire à celui de David contre Goliath. Nicholas Monsarrat capte à la fois le traumatisme et la bravoure des Maltais, face aux énormes obstacles, dans son roman The Kappillan of Malta.

Les Maltais finirent la guerre avec la distinction d’être la seule population entière à recevoir le prix de la Croix de Georges, la plus haute distinction civile britannique pour la bravoure. Leur détermination à être prêts à mourir pour ce qu’ils croyaient être vrai et moralement juste nous confronte aujourd’hui à notre recherche égocentrique de confort, de paix et de prospérité.

Pendant le forum du lundi 8 mai qui se tiendra dans le campus de l’Université de Malte, à la Valette, des sessions plénières et des séminaires nous aideront à appliquer les leçons de ce riche héritage aux défis actuels. Des intervenants d’Europe, d’Afrique et des Etats-Unis aideront les participants à aborder les problèmes de migration, de sécurité, d’instabilité et de populisme, ainsi qu’à évaluer les responsabilités de l’Europe envers ses voisins du Moyen-Orient et d’Afrique. La Présidente de Malte, Marie-Louise Coleiro Preca, prononcera le discours de clôture.

Si Malte n’est pas encore sur votre liste, elle devrait peut-être l’être. Pourquoi ne pas vous inscrire dès à présent afin d’être à Malte pour le forum ?


À la semaine prochaine,

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