Ancien et nouveau

décembre 29, 2014

Ces journées entre Noël et Nouvel An me permettent de réfléchir sur les lectures qui ont influencé ma pensée durant les douzes derniers mois ; d’anciens et nouveaux livres.

Le plus vieux est bien évidemment la Bible elle-même, qui continue à m’émerveiller en tant que source de vie de tant de choses que nous considérons comme dues dans notre monde occidental. En effet, il y a quelques jours, Monseigneur Piotr Mazurkiewicz, mon collègue de séminaire, tenu ensemble à l’université de Timisoara, expliqua comment la démocratie occidentale ne s’est pas développée à partir de la ‘démocratie’ athénienne, qui admettait une base sociale pour l’esclavage, mais bien à partir d’une vision biblique de l’humanité. Il expliqua que des êtres humains reflétant l’image de Dieu exigent du respect de la part des gouvernements, des institutions et des individus.

L’influence de la révélation biblique peut même être trouvée dans des cultures de l’extrême orient, selon le livre qui me fut présenté au congrès de Mission-Net en Allemagne, il y a exactement un an cette semaine, Finding God in Ancient China. L’ancien correspondant du TIME à Pékin, David Aikman, fait l’éloge de l’auteur Chan Kei Thong pour avoir démontré que ‘la littérature chinoise classique est entièrement cohérente avec la révélation chrétienne’. Ce livre, une surprise pour moi, révèle que les anciens chinois adoraient un Dieu monothéiste appelé Shang Di.

Avec un lectorat en croissance constante, et figurant parmi mes auteurs favoris, Tom Wright continue à offrir des perspectives fraîches sur les récits bibliques. Son titre de 2012, How God became King, met en lumière que le cœur de l’évangile est souvent oublié dans les prédications d’hier et d’aujourd’hui. Le Symbole de Nicée, par exemple, passe de l’Incarnation à la Crucifixion, laissant de côté le ‘centre oublié’, le message du royaume de Dieu. Wright revendique avec audace que l’église occidentale a raté l’objectif des évangiles et propose des actions pour corriger le tir.

Conséquences

Un autre de mes auteurs favoris, bien que n’étant pas chrétien, est le rabbin Jonathan Sacks, dont j’ai acheté le livre de 2011, The Great Partnership, à la cathédrale de Yorkminster, l’été dernier, durant notre Celtic Heritage Tour. Il y soutient que la science et la religion sont complémentaires, et non mutuellement exclusives. Les deux sont nécessaires pour comprendre la condition humaine : la science décompose les choses pour voir comment elles fonctionnent ; la religion les met ensemble pour voir ce qu’elles signifient. Quand une société perd son âme, avertit-il, elle perd rapidement son avenir. Peu de livres traitent les conséquences de la deuxième guerre mondiale. Ian Buruma, dans Year Zero – a history of 1945, recrée le traumatisme, la revanche, les regrets, le désespoir, les espoirs et les réalités de l’Europe et de l’Asie d’après-guerre, quand des vies, des familles, des villes et des nations devaient être reconstruites. Pour la génération baby-boom et celle de leurs enfants, ceci est un compte-rendu saisissant des enfantements de notre ère d’après-guerre de paix et de prospérité, que nous tendions à considérer comme dus, jusqu’aux événements de cette année.

Ces événements, de l’invasion de la Crimée par Poutine, peu après ‘ses’ Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi, à la chute du rouble, en passant par la tragédie du vol MH17, m’ont poussé à ressortir plusieurs livres de ma bibliothèque. J’ai lu des passages du livre The New Cold War (2008) à ma femme, dans lequel Edward Lucas alertait que la Russie était sur le point de revenir à ses comportements de l’ère soviétique. Un capitalisme autoritaire et bureaucratique, appuyé par ses ressources naturelles, une police secrète efficace et des médias étouffés, ont pris racine. Les années 90 sont finies, écrit-il. Il est grand temps de traiter la Russie comme le régime autoritaire qu’elle était : tout comme la Chine et le Kazakhstan. J’ai aussi lu à ma femme d’autres passages prescients du livre de George Friedman, The next 100 years (2009). Par exemple: ‘La réabsorption du Belarus et de l’Ukraine dans la sphère d’influence russe sera acquise dans les cinq prochaines années’.

Effondrement

Cette année marque aussi le 25ème anniversaire de l’effondrement spectaculaire du communisme en Europe centrale et de l’est, comme nous avons pu nous y pencher dans plusieurs pensées de la semaine récentes. Plusieurs vieux livres ressortis de ma bibliothèque, et d’autres trouvés pour des sommes dérisoires sur le web, nous rappellent les histoires derrières les gros titres et retracent les racines spirituelles de la révolution populaire pays par pays. Parmi ces titres, To the castle and back (2008), l’histoire émouvante d’un prisonnier-poète qui devint président, écrit par Vaclav Havel ; A way of hope (1987) de Walesa, écrit avant l’emprisonnement du futur président, encore électricien de chantier naval ; Death of the dark hero (1990), un compte-rendu de David Selbourne, gauchiste désabusé et témoin oculaire du détricotage de l’ancien ordre lorsqu’il traversa l’Europe centrale et de l’Est. Candles behind the Wall (1993), [B.Von Der Heydt], et The Final Revolution (2003), [G.Weigel], révèlent les racines spirituelles de ce grand soulèvement.

Où tout cela va nous mener ? Mark Leonard soutient dans Why Europe will run the 21st century (2005) que le modèle européen d’une communauté basée sur les valeurs continuera à modeler ‘l’Eurosphère’ de plus de 100 nations. De kracht van het paradijs (2014) est l’opinion visionnaire de Jonathan Holslag sur la manière dont l’Europe survivra au siècle asiatique. Finalement, Sander Luitwieler dans A community of peoples (2014) offre une approche entre la fédéralisation et la décentralisation, insistant que les valeurs telles que la liberté, la paix, l’égalité, la communauté et la diversité requièrent une anthropologie biblique pour la durabilité… et nous ramènent de plein pied dans la Bible.


À la semaine prochaine,

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