La vierge & la divorcée

mars 2, 2015

L’Europe, pépinière du christianisme mondial, est devenue elle-même un terrain missionnaire des plus difficiles et stratégiques. A la fin du siècle dernier, Lesslie Newbegin signala ce changement lorsqu’il compara la différence entre le païen pré-chrétien et le païen post-chrétien à celle d’une vierge et d’une divorcée.

Quel espoir y-a-t-il pour le continent qui a été profondément formé par l’évangile et, paradoxalement, aussi par son rejet ? Nous, les évangéliques, avons souvent développé des points aveugles, faussant notre vision de l’Europe, pour différentes raisons. Afin de corriger ces distorsions, nous devons :

  • Regarder en arrière : Les chrétiens devraient savoir, ô combien, la Bible et l’histoire de Jésus sont à la base du passé de l’Europe. La Bible a profondément développé l’art et la musique, le mariage et la famille, la langue et la littérature, le monde des affaires et l’économie, l’éducation et le savoir, les soins de santé et l’hospitalité, la science et la technologie, le droit et la justice, la politique et la démocratie, et bien plus encore. Plus récemment, la vision de l’Europe comme ‘communauté de peuples profondément enracinée dans des valeurs chrétiennes’ donna naissance à l’Union européenne. Pourtant, nous, les évangéliques, avons trop souvent été observateurs négatifs et inactifs, pendant que les catholiques se battaient pour l’intégration des valeurs bibliques, dont la solidarité et la subsidiarité, dans la pensée de l’Union européenne.
  • Regarder au-delà : Nous avons besoin de la vision de l’objectif grand angle, pour voir l’Europe au-delà de nos perspectives nationalistes et dénominationalistes. Les catholiques ont une communion paneuropéenne (et mondiale). La Réforme protestante encouragea des perspectives nationalistes et des églises territoriales. Plus tard, les églises évangéliques ‘libres’ se focalisèrent de manière encore plus étroite sur l’église locale. Peut-être, nous pouvons affirmer ceci : ‘les catholiques voient les forêts ; les protestants voient les arbres et les évangéliques voient les branches’. L’Europe a rarement été dans le radar des évangéliques. Des eschatologies populaires supposent que l’Europe deviendra encore plus apostât. Mais est-il possible que ce soit la volonté de Dieu afin que Sa volonté ne soit pas faite en Europe ?
  • Regarder en avant : Si l’histoire de Jésus a été la plus grande source d’influence du passé de l’Europe, pourquoi ne le serait-elle pas pour le futur ? Nous devrions nous demander : ‘quelle sorte d’Europe plairait à Dieu ?’ Personne ne veut revenir à la ‘Chrétienté’, quand l’Eglise dominait le gouvernement et la société. Cependant, nous pouvons prier et œuvrer pour une Europe basée sur les valeurs chrétiennes de pardon, réconciliation, solidarité, justice et de responsabilité créative.
  • Regarder autour : L’Europe actuelle connait des crises sérieuses dans l’économie, la politique, la société, la religion et l’environnement. La crise est devenue la nouvelle norme en Europe. Elle devrait remodeler les agendas missionnaires des églises européennes. En regardant autour, nous devrions aussi remarquer les différents types d’Européens qui vivent au milieu de nous. Des Européens postchrétiens, postcommunistes, postmodernes, post-immigrés et post-séculiers, ont chacun besoin d’approches sur mesure. Ceci pourrait résulter en beaucoup de nouvelles expressions d’église.
  • Regarder à l’intérieur : Nous-mêmes, les chrétiens moyens, sont les Européens les plus difficiles! Effrayés par le sécularisme, nous sommes souvent intimidés, immobilisés et incapables d’exprimer notre foi sur la place publique. Nos mémoires courtes de ce que Dieu a fait par le passé en Europe nous volent toute vision pour le futur. Nous sommes souvent centrés sur l’église plutôt que sur le royaume, et recherchons la zone de confort de l’amitié avec des croyants pensant comme nous. Une Europe transformée commence par des disciples transformés, un corps de Christ transformé.
  • Regarder encore : Regardons aussi l’Europe selon ce que Dieu est capable. Les secousses de Dieu dans les mondes marxiste, musulman et de Mammon sont signes de sa participation active dans les affaires humaines. Une nouvelle faim spirituelle, de nouvelles passions pour la prière, de nouvelles expressions d’églises, des églises immigrantes restaurant foi, couleur et audace dans nos villes, un nouvel œcuménisme de cœur entre les traditions anciennes et le recouvrement de la conscience de l’évangile transformant toutes les sphères de la vie sont signes d’espoir dans notre continent aujourd’hui.
  • Regarder vers le haut : Notre espoir n’est pas basé sur les circonstances ou tendances mais sur la personne et les promesses de Dieu. En tant que peuple d’espoir, « enceinte » du futur de Dieu, regardons à travers les crises pour voir comment le Seigneur de l’histoire accomplira Ses plans pour l’Europe et le monde.

Ceci est une version raccourcie d’un article du Lausanne Global Analysis qui disponible ici en anglais

 


À la semaine prochaine,

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