Paix sur la terre?

décembre 22, 2014

A l’approche de ce nouveau jour de Noël, la paix sur terre déclarée par la chorale céleste, il y a 2000 ans, semble encore loin, tout comme la promesse d’Esaïe concernant le gouvernement et la paix du Fils qui n’aura pas de fin.

La paix au Moyen-Orient semble particulièrement insaisissable. Et nous retenons notre souffle quant à savoir quel comportement imprévisible la nouvelle année réservera de la part d’un Vladimir Poutine menaçant.

Et pourtant, le Cantique de Marie, le Magnificat, dans l’évangile de Luc, chapitre 1, nous offre de l’espoir. Marie reconnaît que le Dieu Tout-Puissant a fait de grandes choses pour elle personnellement : 49 parce que le Tout-Puissant a fait de grandes choses pour moi. Son nom est saint. En même temps, à travers l’Incarnation, Dieu s’introduisait dans les affaires humaines pour établir ‘son gouvernement et sa paix’: 51Il a dispersé ceux qui avaient dans le cœur des pensées orgueilleuses ; 52 il a renversé les puissants de leurs trônes et il a élevé les humbles ; 53 il a rassasié de biens les affamés et il a renvoyé les riches les mains vides.

La semaine dernière, à Timisoara, la population célébrait certainement la manière dont Dieu renversa les puissants de leurs trônes, il y a 25 ans. La Révolution Populaire commença par quelques membres d’église qui osèrent défier les autorités roumaines en entourant la maison de leur pasteur au moment où la police arriva pour l’arrêter, comme nous l’avons écrit la semaine dernière.

Intégrité

A Timisoara encore, la semaine dernière, se trouvait le nouveau président élu, Klaus Iohannis, venu se joindre aux célébrations. Sa victoire aux élections était, selon ce que les croyants locaux m’ont dit, une réponse inattendue aux prières. Iohannis est, à la fois, un allemand ethnique et un luthérien pratiquant, une combinaison d’ordinaire néfaste pour toute personne candidate à la présidence en Roumanie orthodoxe. Mais sa réputation d’intégrité, sa politique d’anti-corruption et son engagement l’ont propulsé à la présidence avec une grande et inattendue majorité. Sa popularité était évidente, alors qu’il avançait lentement à travers la foule sur la Place de la Victoire, mardi dernier, en direction du Palais de la Culture, serrant les mains (dont la mienne), et s’arrêtant afin de permettre aux gens de faire des selfies avec lui.

Sur cette même place, le 17 décembre 1989, des soldats ouvrirent le feu et tuèrent environ une centaine de civils non armés dont les noms figuraient la semaine dernière sur des écrans géants, à ciel ouvert, entourés de drapeaux déclarant que ‘Les héros ne meurent jamais !’. Des bougies de couleurs formaient une grande croix en face du Palais de la Culture et d’autres étaient posées sur les marches de la Cathédrale Orthodoxe à l’autre extrémité de la place, là où les protestataires moururent alors qu’ils tentèrent d’atteindre, en vain, l’abri du sanctuaire.

Le message que la vérité, l’amour et la justice prévalent était ce qui m’amena à Timisoara, avec un vieil ami et collègue de Jem Al Akimoff, ainsi qu’un professeur polonais, Monseigneur Piotr Mazurkiewicz. Des événements du Centre Schuman commémorant la Révolution Populaire de 1989, ont amené à réfléchir sur le rôle de la contrebande de bibles et sur les racines spirituelles qui renversèrent le communisme, non seulement en Roumanie, mais dans toute l’Europe Centrale et de l’Est. Car alors qu’il peut sembler que le méchant prospère, comme le psalmiste pouvait parfois s’en plaindre, le Cantique de Marie nous dit que Dieu a le dernier mot. Les inconsistances internes de tout système rejetant Dieu, que ce soit le communisme, le fascisme ou le ‘totalitarisme doux ‘ du néo-libéralisme et du sécularisme, ne sont pas durables.

Lors d’un séminaire hébergé par le bibliothécaire en chef de l’Université de Timisoara, nous réfléchîmes au rôle que les dynamiques spirituelles ont pu jouer dans la révolution de l’esprit humain, un rôle souvent négligé par les commentateurs politiques et historiques. Jusqu’à quel point la révolution pouvait être décrite comme étant ‘le triomphe des ‘puissances douces’ d’amour, de vérité et de justice sur la tyrannie’ ?

Catalyseur

Beaucoup pointent Gorbatchev et Reagan comme les acteurs clés de ce drame, et leur rôle était en effet significatif. D’autres estiment que l’économie ou la course à l’armement  étaient des facteurs cruciaux (et ils le furent). D’autres encore parlent de l’inévitabilité historique du triomphe de la démocratie libérale et la ‘fin de l’histoire’ comme étant atteinte.

Cependant, au moins une décennie auparavant, une révolution spirituelle fut initiée par Vaclav Havel, Jean-Paul II et d’autres. Etant encore en prison, dans les années 70, Havel encouragea une cinquième colonne de gens ‘qui redresserait leur colonne vertébrale’, à vivre consciemment et délibérément pour la vérité, la responsabilité, la solidarité et la non-violence. Mais comment avoir suffisamment de gens pour le faire ? La réponse arriva lorsque Jean-Paul II fut élu pape, et déclara à un million de ses compatriotes polonais rassemblés à Varsovie en 1979 : ‘Ne craignez pas !’. Ceci fut le catalyseur d’une révolution de l’esprit humain qui prit racine en Pologne avec le syndicat Solidarność, pour se répandre en Allemagne de l’Est, en Hongrie, en Roumanie, en Tchécoslovaquie et dans les pays Baltes, pour finalement faire tomber l’empire soviétique.

Cette semaine, à travers le monde, nous célébrons la venue du plus grand Révolutionnaire qui continue à faire de grandes choses pour nous personnellement, et qui fait encore chuter les puissants pour élever les humbles.

 


À la semaine prochaine,

Laisser un commentaire

Inscrivez vous pour Pensee de la Semaine