Pourquoi les études européennes sont importantes

février 25, 2019

La première admission d’étudiants, pour notre nouveau diplôme de maîtrise en leadership de mission et en études européennes, aura lieu en juin prochain, en partenariat avec le ForMission College et l’université Newman à Birmingham.

Les candidats participeront à quatre journées d’études à Amsterdam, chaque semestre, pendant deux ans, pour se familiariser avec l’auto-apprentissage et les tâches de rédaction. Une troisième année comprend la rédaction d’une thèse. Les points d’entrée pour les participants au programme seront également, chaque année, en septembre et en janvier. Le programme sera reconnu dans le cadre du Processus de Bologne (une coopération intergouvernementale de 48 pays européens dans le domaine de l’enseignement supérieur).

Les lecteurs de la pensée de la semaine ont généreusement répondu à notre appel lancé, l’an dernier, pour nous aider à créer ce programme. Nous sommes très reconnaissants envers tous ceux qui ont contribué à rendre ce cours possible. Alors que je prépare les manuels d’études pour les modules, il devient pour moi de plus en plus évident que les études européennes sont tellement essentielles et opportunes pour ‘comprendre les temps et savoir ce qu’Israël devrait faire’.

Permettez-moi de vous expliquer.

‘Oubli organisé’

Sous les anciens régimes communistes, ‘l’oubli organisé’ était largement déployé pour effacer la mémoire et manipuler la compréhension du ‘nouvel homme socialiste’ au service des objectifs de l’Etat.

Une forme plus subtile et bénigne ‘d’oubli organisé’, à notre époque séculière et postchrétienne, est la perte de la conscience historique concernant l’Europe, en général, et du rôle de la Bible et de l’histoire de Jésus dans le façonnement de la culture européenne, en particulier. L’un de ces exemples a été l’effort résolu d’éviter toute référence au christianisme, en tant que source d’identité et de valeurs européennes, dans le projet de constitution de l’Union européenne en 2005. Malheureusement, le paradoxe de l’Europe est qu’il s’agit du continent le plus façonné par la Bible… et par le rejet de la Bible.

Le sécularisme a peu d’égards pour le passé. Pourtant, en tant que chrétiens, nous devrions réaliser que l’histoire compte vraiment. L’Ancien Testament met, à maintes reprises, en garde contre l’oubli. Le peuple de Dieu doit organiser des fêtes afin de l’aider à se souvenir de son intervention dans son histoire. La foi chrétienne est historique : si Jésus n’a pas vécu, n’est pas mort et n’est pas ressuscité, le Christianisme est faux.

La Bible, elle-même, a donné à la civilisation occidentale la compréhension de l’histoire comme une progression linéaire, depuis un début vers une fin. Le temps conçu en termes de passé, présent et futur n’est venu d’aucune autre source. Aucun autre texte sacré ne prend l’histoire au sérieux.

Pourtant l’histoire en tant que matière a été éclipsée à l’ère de l’information par des sujets offrant ‘plus de possibilités d’emploi’. L’histoire de l’Europe a été ignorée pendant des générations au profit de l’histoire des Etats-nations, laquelle renforce les mythes et les identités nationales, souvent au détriment des nations rivales. L’histoire de la transformation des peuples européens, à travers l’histoire de Jésus et l’influence de la Bible, a longtemps été supplantée par d’autres récits ou par la perte de récits.

La conséquence est la perte de mémoire et d’identité. La perte de perspective historique sur l’actualité engendre la myopie et tronque la vision de l’avenir. En bref, nous avons une crise de vision en Europe. Où sont les hommes et les femmes d’Etat et les dirigeants spirituels qui nous indiquent la voie à suivre ?

Une communauté de peuples

Il y a environ septante ans, l’historien Christopher Dawson écrivait « Il est urgent de mieux comprendre l’Europe, non seulement en tant que société vivante de peuples, mais en tant que créatrice de ce que nous appelons ‘la civilisation moderne’. Car, aussi incertaines que puissent être les perspectives politiques de l’Europe, l’importance primordiale de sa contribution à la civilisation demeure, et si nous ne comprenons pas cela, nous ne pouvons pas comprendre grand-chose du monde dans lequel nous vivons. »

« Nous ne pouvons pas commencer à comprendre l’Europe elle-même », a-t-il poursuivi, «à moins d’étudier la tradition de la culture chrétienne, laquelle constituait le lien originel de l’unité européenne et la source de ses objectifs spirituels communs et ses valeurs morales communes. »

Le nationalisme, qui est apparu après la Réforme, lorsque les protestants avaient tendance à se concentrer uniquement sur leurs propres nations, a conduit chaque peuple européen à insister sur ce qui les distinguait du reste, au lieu de ce qui les unissait à eux, écrivait Dawson. Nous avons appris de l’histoire de nos propres nations comme si elles formaient un tout et ne faisaient pas partie d’une plus grande unité.

L’histoire qui comptait vraiment n’était pas celle des conflits et des rivalités de divers Etats européens, a-t-il affirmé, ni de la concurrence économique, mais bien celle d’un processus spirituel dynamique. Car l’Europe était une communauté de peuples partageant une tradition spirituelle commune, née il y a trois mille ans en Méditerranée orientale. De peuple en peuple, elle a été transmise (via la péninsule qu’on appelle Europe) jusqu’à ce qu’elle vienne éclipser le monde.

Nous espérons doter nos étudiants de cette perspective oubliée, non seulement pour les missions traditionnelles d’évangélisation et d’implantation d’églises, mais aussi pour l’engagement sur la place publique, en tant que politiciens, fonctionnaires, journalistes, avocats, pédagogues, économistes et activistes.

Merci de nous aider à rendre cela possible.

P.S. pour toute question au sujet du programme de diplôme, écrivez à : info@schumancentre.eu


À la semaine prochaine,

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