Une autre Révolution française ?

avril 24, 2017

Tous les yeux observent avec attention comment les électeurs français décident de l’avenir de l’Europe. Ceci n’est pas une exagération. Ces élections sont différentes. Les conséquences menacent d’être bien plus grandes que celles du Brexit.

Pour ceux parmi nous qui prient afin que la volonté de Dieu soit faite en Europe, les conséquences devraient beaucoup nous préoccuper.

Pourquoi différentes ? Les élections présidentielles ont souvent été une course entre Socialistes et Républicains. Cette fois-ci, le candidat socialiste, aux prises avec l’impopularité du Président Hollande, n’était même pas dans la course. Depuis qu’il a été accusé de népotisme, le candidat républicain, François Fillon, est resté derrières les leaders, le socio-libéral Emmanuel Macron et la national-populiste Marine Le Pen, aucun d’entre eux ne représentant les formations traditionnelles.

Les électeurs français sont désabusés avec les politiciens de carrière. Ils veulent un changement, si pas une révolution, pour renverser le système.

Hier était leur chance de s’exprimer. Il était devenu clair hier soir qu’ils avaient rejeté aussi bien les partis socialiste et républicain. Le tour final sera désormais entre Macron et Le Pen dans deux semaines.

Quels sont les enjeux ? Alors que Macron est pro-européen et pour des frontières ouvertes, Le Pen veut quitter l’Union européenne, l’Euro et l’OTAN, et refermer à nouveau les frontières. Le choix est maintenant entre une société ouverte ou fermée. Mais peut-on imaginer l’Union européenne sans la France ? Même Brexit devrait être redéfini : la Grande-Bretagne quitterait quoi exactement ?

Echec

‘Est-ce que l’Union européenne en vaut la peine, ou devrions-nous en finir avec elle?’ Cette question posant les options désormais au public français est le titre d’une courte vidéo devenue virale sur YouTube durant les dix derniers jours avec plus de deux millions de vues. Ceci pourrait être le meilleur investissement de sept minutes que vous ferez aujourd’hui. Regardez-là. Ce clip, nous rappelant pourquoi l’Union européenne avait été créée et ce qui en a résulté, devrait être connu dans les écoles de toutes l’Europe.

Je suis souvent confronté avec l’échec de nos systèmes d’éducation – et de l’Union européenne elle-même – pour expliquer son existence au-delà des structures de Bruxelles. La journée de l’Europe, par exemple, marquant le début du projet européen avec la Déclaration Schuman du 9 mai 1950 reste un des secrets les mieux gardés d’Europe.

Durant la période de Pâques, j’ai organisé deux ‘groupes de passion’ sur l’histoire lors d’une conférence IFES d’étudiants européens en Allemagne. Parmi les 25 étudiants, issus des quatre coins d’Europe, qui ont participé aux sessions, seuls trois d’entre eux avaient entendu parler de Robert Schuman, le ministre français des Affaires étrangères, officiellement reconnu comme le ‘père de l’Europe’. Même les deux étudiants français, qui avaient supposés que tout le monde le connaissait, en savait peu sur le passé spirituel de l’histoire de Schuman.

Samedi, la quatrième session de notre Cours d’Etudes européennes était organisée dans le Salon Schuman à Bruxelles, sur le sujet : Comprendre et évaluer le projet européen. Nous avons regardé le film Une vision pour l’Europe (qui mérite également un public plus large) sur l’histoire de Schuman. Elle nous rappelait que la réconciliation d’après-guerre entre la France et l’Allemagne était la pierre angulaire de tout l’édifice européen.

Caractère

Nous avons alors examiné la théologie publique de Schuman (qui vaut la peine d’être comparée au message ‘La France d’abord’ de Le Pen), en tirant des citations de son livre Pour l’Europe, et d’autres sources :

  • ‘Aimer son prochain comme soi-même’ était un principe démocratique qui, appliqué aux nations, signifiait être préparé à servir et aimer les peuples voisins.
  • La loi universelle de l’amour et de la charité faisait de chaque homme notre prochain. Aucune race ou nation ne pourrait revendiquer une plus grande importance aux yeux de Dieu.
  • Appliquée à la communauté des peuples, le pardon et la réconciliation – même avec ceux vus actuellement comme ennemis – étaient des impératifs chrétiens.
  • L’Europe devait devenir ‘une communauté de peuples profondément enracinée dans les valeurs chrétiennes de bases.’
  • ‘L’Europe ne peut pas et ne doit pas rester une entreprise économique et technique : elle a besoin d’une âme.

Ceci sont les mots d’un homme dont le journal suisse, Sie und Er, l’avait une fois décrit comme suit : ‘incorruptible, profondément religieux, ne ressemblant pas à l’image d’un homme d’Etat de la République française. Célibataire endurci, Schuman admet ouvertement être intimidé par les femmes. Dans le contexte de la Troisième République, il aurait été inconcevable. Schuman n’est pas… corrompu comme beaucoup de ministres de la Troisième République, il n’est pas grandiloquent et rigide comme de Gaulle ; il est direct et honnête, ni plus ni moins. Un politicien qui évite la tromperie et la simulation est une chose rare, et agréable de surcroît, et pas seulement dans la politique française.’

Malheureusement, ‘intégrité’, ‘incorruptibilité’ et ‘honnêteté’ ne sont pas des mots qui sont souvent utilisés pour décrire les politiciens d’aujourd’hui, desquels nous pouvons difficilement nous attendre qu’ils donnent à l’Europe une âme ! C’est pourquoi nous ne pouvons pas simplement laisser nos avenirs aux politiciens. Il y a bien plus en jeu.

Nous vous invitons à explorer avec nous la vision de Schuman pour ‘une communauté de peuples profondément enracinée dans les valeurs chrétiennes de bases’ lors du Forum sur l’état de l’Europe à Malte dans deux semaines (inscrivez vous vite!), ou pour les deux dernières sessions du Cours d’études européennes à Bruxelles, ou encore pour les cinq jours du Masterclass pour les études européennes à Amsterdam, du 1er au 5 août prochains.

Et continuons à prier pour la France.

 


À la semaine prochaine,

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