Des applications pour Pâques

avril 13, 2020

Les gouvernements du monde entier espèrent que des applications spéciales aideront à tracer les contacts du Covid-19 et à contenir ainsi la propagation du virus.

Entre-temps, les quatre applications suivantes dont je parle souvent, pour suggérer comment Dieu a été à l’œuvre dans l’histoire européenne, peuvent peut-être avoir une signification particulière pour nous en cette Pâques.

Premièrement, l’application ‘volonté de Dieu’ :

Non, ceci n’implique pas que Dieu a envoyé le virus en tant que jugement. Je n’en sais rien. Cette ‘application’ est la reconnaissance que la volonté de Dieu est toujours que sa volonté soit faite. En d’autres termes, ce n’est jamais sa volonté que sa volonté ne se fasse pas. C’est logique. Les Chrétiens ne sont pas fatalistes. Tout ce qui se passe dans ce monde brisé n’est pas la volonté de Dieu. Il arrive beaucoup de choses qui ne sont pas la volonté de Dieu pour la race humaine, et pour les individus, mais peuvent être la conséquence du péché et de la désobéissance. Les Dix Commandements, par exemple, sont une liste d’instructions favorisant l’épanouissement humain. Lorsqu’ils sont bafoués, la souffrance en résulte.

Cette ‘application’ affirme qu’en définitive, Dieu est souverain. Et pourtant, il sollicite notre coopération. Alors Jésus nous a dit de jouer notre rôle et de prier afin que la volonté de Dieu soit faite ici sur terre, en Europe, dans notre pays, comme au ciel. C’est ce qu’il veut, pas que les choses empirent.

Joseph a dit à ses frères : ‘Vous aviez médité de me faire du mal :Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux.’ De même, Dieu transforme les mauvaises intentions en bonnes pour ses desseins, de manière à confondre les attentes humaines. C’est ce dont il est question à Pâques : comment un instrument cruel de torture a été transformé en symbole d’espoir et de guérison ; comment la mort d’un seul homme a apporté la possibilité de la vie pour tous.

Deuxièmement, l’application ‘blé et ivraie’ :

L’histoire de Jésus au sujet du blé et de l’ivraie qui poussent côte à côte, dans le même champ, offre une image du bien et du mal entrelacés au cours de l’histoire et dans la vie quotidienne. Les médias d’information ont tendance à se concentrer sur le mauvais qui fait vendre des journaux et des heures d’antennes. Nous devons apprendre à rechercher où Dieu est à l’œuvre discrètement et dans les coulisses. Qu’est-ce que Dieu pourrait faire ressortir de tout cela ?

Cette crise est une énorme tragédie humaine, tout comme la peste noire, la grippe espagnole et d’autres pandémies avant elles. Et pourtant, certains disent que la peste noire a déclenché la Renaissance et la Réforme (religiosité renouvelée), les progrès technologiques (compensation pour les travailleurs qui ont perdu leur emploi, peut-être même l’invention de l’imprimerie pour remplacer les copistes monastiques décédés), et les percées médicales. La pratique de la quarantaine a commencé pendant la peste noire, lorsque les autorités vénitiennes imposèrent une période d’isolement de 30 jours (trentina) – prolongée plus tard à 40 jours (quarantena) – pour les navires en provenance des zones touchées par la peste.

Aujourd’hui, un sabbat mondial a été imposé. La société 24h/24 a déraillé. Le Quartier rouge d’Amsterdam est fermé. La pollution de l’air diminue, la pollution sonore est atténuée, les décès sur les routes et la criminalité ont chuté, comme si le monde est en train d’être relancé pour se débarrasser du virus ! Partout, les gens sont confrontés à de vrais problèmes de vie et de mort, et au sens de l’existence. Une manchette centrale dans le journal de gauche, Volkskrantde ce vendredi posait la question : L’histoire de Pâques peut-elle nous inspirer dans cette crise ?

Troisièmement, l’application ‘minorités fidèles’ :

Dieu a toujours œuvré à travers des minorités créatives : d’Abraham à Moïse, en passant par David, les prophètes et Jésus, l’église primitive et les messagers fidèles à travers les siècles. Le Christianisme s’est propagé dans l’empire romain lorsque les gens ont vu les soins sacrificiels dispensés aux victimes de la peste, par les croyants vivant en minorité dans un monde païen. Au cours des siècles suivants, un nombre disproportionné du clergé européen mourut en s’occupant des malades pendant les épidémies de peste.

Aujourd’hui, les ‘minorités fidèles’ portent à nouveau le fardeau de manière disproportionnée, le personnel soignant dans les services des soins intensifs et dans les maisons de retraite, croyants et non-croyants, refusant de rechercher leur propre sécurité, ainsi que des politiciens, des économistes et des experts de la santé, travaillant jour et nuit, pour prendre des décisions judicieuses pour notre bien-être, tandis que la plupart d’entre nous restent à la maison dans une relative facilité, sécurité et isolement. Ces héros méritent nos prières, notre soutien et notre honneur.

Quatrièmement, l’application ‘mort et résurrection’ :

Pâques nous rappelle que la foi chrétienne est une question de mort… et de résurrection : de manière suprême en Christ, dont la mort et la résurrection ont profondément façonné notre culture occidentale d’une manière rarement reconnue (comme Tom Holland l’explique ici). Nous voyons un modèle de mort suivie de résurrection, d’apostasie et de renouveau, de déclin et de résurgence, dans l’histoire de la foi chrétienne à travers les âges. Nous sommes arrivés à un point bas de l’histoire européenne en termes de foi, une époque sans précédent où la plupart semblent trouver la croyance en Dieu impossible. Pourtant, la platitude et le vide de la vision du monde, fermée et séculière, deviennent évidents à de plus en plus de personnes. C’est peut-être ce que le philosophe Charles Taylor prédisait dans Un âge séculier : ‘Nous ne sommes qu’au début d’une nouvelle ère de recherche religieuse dont personne ne peut prévoir l’issue.’


À la semaine prochaine,

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