La peur est une prison

mars 6, 2017

NE CRAIGNEZ PAS! disait Jésus au cours de son ministère sur terre, exhortant ses disciples et partisans à faire confiance au Père céleste.

Ne craignez pas ! disait le Pape Jean-Paul II à une foule  d’un million de personnes dans une Varsovie communiste, en 1979, et déclencha la révolution spirituelle qui mena à la chute du communisme, une décennie plus tard.

Que vos choix reflètent vos espoirs et non vos craintes ! déclarait Nelson Mandela, après des années passées dans une cellule de prison où il choisit quotidiennement l’espoir personnel et le pardon au lieu de la peur et de la vengeance.

Chacun de ces transformateurs du monde étaient des messagers d’espoir, promouvant la réconciliation, la guérison, l’acceptation et le pardon.

Aujourd’hui, cependant, une nouvelle race de politiciens a émergé, prêchant une politique de peur et de haine. Ces politiciens offrent des solutions simplistes aux problèmes complexes de notre temps. Et pourtant, ils parlent régulièrement de défendre la culture chrétienne et de restaurer les valeurs traditionnelles. C’est le cas, par exemple, de Donald Trump, de Nigel Farage, de Marine Le Pen et de Geert Wilders.

Dans une certaine mesure, ils marquent un point. Car notre monde sécularisé a en grande partie rejeté la vérité chrétienne en faveur de conceptions postmodernes de l’autonomie humaine. Tout en montrant un intérêt de pure forme aux ‘valeurs européennes’ d’égalité, dignité, fraternité et liberté, nos dirigeants séculiers rejettent les racines bibliques d’où proviennent ces valeurs.

Pourtant, nous devons nous méfier de la politique qui cherche des boucs-émissaires faciles. Hitler accusa les Juifs et les Gitans. Aujourd’hui, les migrants musulmans sont les principaux coupables. Pourtant, beaucoup de croyants musulmans voient aussi l’Europe comme décadente et immorale.

Une étude récente ‘Saving the people’ (Sauver le peuple – 2016) révèle comment les populistes détournent la religion pour leur cause. Ils créent deux groupes ‘d’ennemis du peuple’ : ‘les élites’ et les ‘autres’ dangereux qui menacent le bien-être du ‘peuple’. ‘Notre’ pays a été détourné, nous dit-on : la mondialisation, l’immigration et le multiculturalisme sapent ‘nos valeurs judéo-chrétiennes’. Et pourtant, la plupart des partis populistes sont laïques et se contentent de parler du christianisme comme une identité et non comme une foi. Utilisant le christianisme comme un bâton pour chasser les gens, les populistes nient la nature invitante de la foi. Ils trahissent son cœur plein de compassion reflété dans l’histoire des brebis et des boucs, lorsque Jésus expliquait qui peut être appelé ‘chrétien’. La brebis nourrit celui qui a faim, donne à boire à celui qui a soif, recueille l’étranger, revêt celui qui est nu, réconforte le malade et rend visite au prisonnier. Ceux qui se détournent des étrangers, comme les réfugiés vulnérables du camp grec ci-dessus, sont les boucs.

Comment devrions-nous réagir à la crainte véhiculée par ces politiciens ?

Premièrement, reconnaissons que la peur est un manque de confiance en Dieu. Nous devons avoir confiance que Dieu prend soin de nous. Ne craignez pas, disait Jésus ; vous valez plus que beaucoup de passereaux, et pourtant votre Père se soucie même d’eux. (Matthieu 10:31)

Deuxièmement, reconnaissons que le plan de Dieu dans la Bible embrasse tous les peuples. Son royaume comprend de nombreux peuples. Nous devons d’abord chercher Son royaume, et non l’Amérique d’abord, la Grande-Bretagne d’abord, l’Europe d’abord ou tout autre pays d’abord. Selon l’Apocalypse, notre destination est une ville multi-ethnique !

Rabbin Jonathan Sacks écrivait au sujet du rôle de la Reine Elizabeth dans la transformation significative de la Grande-Bretagne, durant son règne, en une société multi-ethnique et multiconfessionnelle : Elle fait que (ceux de minorités religieuses) se sentent, non pas étrangers en terre étrangère, mais des citoyens respectés chez eux. La Reine, elle-même, a un jour expliqué que l’Eglise anglicane a le devoir de protéger la libre pratique de toutes les confessions (en Grande-Bretagne). Tissée dans la toile (de la Grande-Bretagne), l’Eglise a contribué à construire une société meilleure – de plus en plus en coopération active pour le bien commun avec ceux d’autres confessions.

Troisièmement, reconnaissons que la peur est une prison. La peur nous captive dans une toile de perceptions déformées. Prenez, par exemple, Geert Wilders, et son soi-disant Parti de la Liberté. En raison de ses critiques ouvertes de groupes entiers de personnes, il est protégé jour et nuit, aux dépens du contribuable, pour 2 millions d’euros par an. Il ne s’est plus promené seul ou avec ses amis depuis 12 ans. Il ne peut même pas relever son propre courrier. Il ne peut pas aller seul au magasin. Sa politique d’exclusion ne pouvait être appliquée que s’il réduisait les Pays-Bas à un régime policier. Quel genre de liberté peut-il offrir aux Néerlandais ?

En revanche, je traversais récemment la gare centrale de La Haye, lorsque soudainement, un grand personnage familier passa près de moi en coup de vent, parlant dans son téléphone portable tout en allant chercher son train. C’était en fait le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte. Aucun garde du corps ! Juste un citoyen ordinaire jouissant de la liberté de la société néerlandaise ouverte.

Finalement, reconnaissons que l’amour est l’antidote le plus puissant de la peur. C’est pourquoi Jésus nous a dit d’aimer notre prochain  – même nos ennemis. Comme le déclara Martin Luther King : Il y a quelque chose dans l’amour qui construit et qui est créatif. Il y a quelque chose dans la haine qui démolit et qui est destructeur. Alors aimez vos ennemis.


À la semaine prochaine,

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