Déclarer l’évidence

avril 27, 2015

Il y a moins d’enfants en Europe. Tout le monde sait cependant que sans enfants, il n’y a pas d’avenir – même les réalisateurs du clip de la chorale d’enfants des simpsons. Ce qui est évident est que ce facteur démographique aura des conséquences majeures pour l’Europe, sur le plan économique, social et politique.

Pourtant, peu de politiciens semblent prêts à aborder le problème. Il n’est simplement pas politiquement correct d’encourager les couples à avoir de plus grandes familles ; ou de poser des questions sur les conséquences de la légalisation du mariage homosexuel sur le plan démographique à long terme ; ou de suggérer que l’Europe a besoin de compenser son faible taux de natalité avec plus d’immigrés, et non moins.

Les chiffres d’Eurostat récemment publiés montrent que la tendance vers un plus faible nombre d’enfants prendra du temps à s’inverser, et peut devenir irréversible. Il y a deux décennies, les enfants en-dessous de 15 ans représentaient 18,6% de la population. Aujourd’hui, cela a chuté à 15,6%. Les enfants d’Allemagne, moteur économique de l’euro zone, ne représentent que 13,1%, et cela continue à diminuer. En comparaison, les enfants irlandais en-dessous de 15 ans représentent 22% de la population. Même là, les chiffres sont en baisse. En effet, le taux de fécondité irlandais a diminué d’un tiers en trois décennies, de 2,96 en 1980 à 1,99 en 2012. Celui-ci est en-dessous du niveau de remplacement de 2,1 depuis 1991.

Vieillissement rapide

Mesuré par le taux de fécondité total, le chiffre de la fécondité représente un nombre moyen théorique d’enfants pouvant être nés d’une femme au cours de sa vie. Un rapport de 2012 révélait que la France avait le taux de fécondité le plus élevé (2,01), suivi de l’Irlande (1,99) et du Royaume-Uni (1,94). Le Portugal avait le taux le plus faible (1,28). La semaine dernière, j’étais aux Îles Féroé, en Atlantique nord, entre l’Ecosse et l’Islande, où le taux de fécondité officiel est de 2,2. Il n’y a pas d’autre endroit en Europe où le taux de fécondité est supérieur au niveau de remplacement.

Rien de ceci n’est révélation nouvelle. Le vieillissement rapide de la population de l’euro zone (très aigu en Allemagne) est bien connu. Mais ces chiffres récents sur les enfants nous forcent à nous poser des questions. Car, comme tout le monde le sait, les enfants sont les travailleurs de demain. Et avec des gens qui vivent plus longtemps, il y aura moins de futurs travailleurs pour soutenir plus de pensionnés. Les économistes qui, au contraire des politiciens, ne doivent pas penser à se faire réélire, commencent à exprimer leurs inquiétudes, à savoir que des niveaux d’immigration plus élevés sont inévitables pour empêcher la très faible croissance économique et pour accompagner les hauts taux de dettes au cours des décennies à venir.

Le président de la Banque Centrale Européenne, Mario Draghi, essaya de montrer un visage positif en décrivant des perspectives plus lumineuses pour l’euro zone lors de sa conférence de presse mercredi dernier. Néanmoins, deux chercheurs irlandais, McQuinn et Whelan, ont prédit le mois dernier que le déclin de la force de travail, dû à un nombre plus faible de jeunes travailleurs, signifiera une croissance économique annuelle de l’euro zone de 0,6 % à peine durant la prochaine décennie. À moins d’une réforme significative et d’une augmentation des naissances et de l’immigration, la croissance économique ne serait que de 0,3 % entre 2044 et 2060.

Décadence

Encore une fois, il n’y a rien de neuf dans tout ceci. Nous ne faisons que déclarer l’évidence. Pourtant, nous donnons l’impression de continuer à vivre comme si l’avenir sera toujours le même. Ceci n’est pas seulement un malaise européen. C’est un problème occidental, bien que l’Europe montre la voie. Il y a plus de deux ans, le journaliste Ross Douthat du New York Times écrivait que le retrait de la société face à l’éducation des enfants était un symptôme de l’épuisement de l’ère contemporaine. Selon lui, un esprit qui privilégie le présent à l’avenir était une condition de décadence.

Si nous sommes concernés par les desseins de Dieu pour l’avenir de l’Europe et de nos pays, alors ce sont des problèmes pour lesquels nous devrions prier et dont nous devrions parler. Avec beaucoup d’autres questions urgentes, c’est ce que nous projetons de faire à Riga lors du State of Europe Forum, les 8 et 9 mai, avec des économistes, politiciens, académiciens, théologiens et activistes chrétiens.

Il n’est pas trop tard pour nous rejoindre là-bas.

 


À la semaine prochaine,

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