Des vérités qui comptent

mars 12, 2018

Les salons de Paris et les cafés de Londres, de Vienne et d’autres villes, étaient les lieux les plus importants pour développer des idées qui façonnèrent la vie publique aux dix-septième et dix-huitième siècles.

Ils offraient un espace informel d’interaction pour des personnes de différents horizons sans égard à leur rang. Les femmes étaient habituellement les figures de proue des salons parisiens.

La création du salon de Madame de Rambouillet en 1618, connu sous le nom de la Chambre bleue, devint un modèle pour beaucoup d’autres hôtesses qui organisent des salons sérieux et intellectuels pour les invités.

Ici, les idées du Siècle des Lumières étaient échangées et affinées et trouvèrent leur place dans d’autres sphères de la vie publique – la politique, le droit, l’éducation, la religion, les arts et la littérature – façonnant grandement notre ère moderne.

Jérôme, le père de l’Eglise primitive des 4ème et 5ème siècles, a fait état d’un modèle de salon chrétien beaucoup plus ancien à Rome, dans les foyers de femmes d’influence comme Marcelle et Paule –  des centres informels d’apprentissage biblique, de discussion et de dévotion.

Les idées continuent de façonner le présent de l’Europe et continueront à façonner son avenir. Aujourd’hui, les médias sociaux et les émissions télévisées de discussion constituent les principaux forums d’échange d’idées. Pourtant, ils restent souvent impersonnels, distants et anonymes.

Les activités du Centre Schuman comprennent des rencontres et des cadres de type salon pour explorer en tête-à-tête les idées qui ont façonné notre société dans le passé, et pour rechercher les moyens dont les vérités bibliques peuvent remodeler notre futur.

Rôles principaux

Tout comme dans les salons parisiens, les femmes jouent un rôle de premier plan dans ces événements. Le week-end dernier, à Iasi, en Roumanie, Mari Blaj et Lavinia Besliu, deux associées Schuman, ont lancé des rassemblements de type salon dans un décor majestueux, examinant les racines des crises actuelles dans la démocratie et la société. Le Dr John Hess a prononcé une allocution, lors de la conférence Robert Schuman, sur le philosophe polonais Michael Polanyi, que Francis Schaeffer décrivait comme étant un homme en avance sur son temps. Polanyi, le sujet de la thèse de doctorat de John, a vu les contradictions internes du libéralisme séculier moderne et a plaidé pour une compréhension de la vérité au-delà des simples sens. Nous croyons plus que ce que nous pouvons prouver, soutenait-il, et en savons plus que ce que nous pouvons dire.

À Bruxelles, notre collègue Schuman, Kathia Reynders, a relancé le concept dans le Salon Schuman, à quelques pas des bâtiments de la Commission européenne. Ce sera le lieu d’une série de trois séminaires mensuels (les samedis 17 mars, 21 avril, 26 mai). Dans ce  Cours d’études européennes, nous explorerons les idées ayant façonné le passé de l’Europe, retraçant à travers les siècles les défis actuels, et enfin, examinant les futurs scenarii possibles.

À Amsterdam, ma femme Romkje a peaufiné le salon en face de la Gare centrale, au-dessus du café Dwaze Zaken, situé au n°50, Prins Hendrikkade, appelé the Upper Room (La chambre haute). Il y a quelques jours, le salon était animé avec l’école de Jeunesse en Mission de Norvège, avec laquelle j’ai partagé des sessions sur la compréhension de l’Europe aujourd’hui. Romkje et moi accueillerons, également dans la Chambre haute, une répétition du Cours d’études européennes de Bruxelles (les 24 mars, 14 avril et 12 mai).

Rafraîchir les mémoires

Contrairement aux salons de Paris, personne n’a besoin d’une invitation et tous sont les bienvenus à suivre ces cours à Bruxelles et à Amsterdam. Tout comme les salons, nous prévoyons une variété d’activités dans les mois à venir – y compris des concerts de musique de chambre, des discussions autour de livres, des soirées cinéma, des cours bibliques et des conférences Schuman.

Comme je l’ai partagé samedi, à Iasi, les idées de Robert Schuman ont eu une influence considérable sur le cours du développement de l’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Elles restent pourtant largement oubliées ou mal interprétées. Nous avons besoin de rafraîchir nos mémoires sur ce qu’il considérait comme essentiel pour la reconstruction de l’Europe d’après guerre.

Schuman, reconnu ‘père de l’Europe’ par l’Assemblée européenne, pour son rôle dans le lancement du projet européen, croyait qu’il était essentiel que ce projet ne reste pas une entreprise économique et technique. Il avait besoin d’une âme qu’il comprenait être enracinée dans les valeurs chrétiennes sur lesquelles l’Europe s’était développée. L’Europe avait besoin de devenir une communauté de peuples profondément enracinée dans ces valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité et de paix.

La démocratie, écrivait-il dans ce qui semble être une exagération aux oreilles modernes, devait son existence au christianisme (Pour l’Europe, pg.43). ‘Aimer son prochain comme soi-même’ était un principe démocratique lequel, appliqué aux nations, signifiait être prêt à servir et aimer les peuples voisins.

Selon Schuman, les racines de la véritable démocratie – le principe d’égalité, la pratique de l’amour fraternel, de la liberté individuelle, du respect pour les droits de l’individu –sont toutes issues des enseignements de Christ.

‘La démocratie sera chrétienne ou elle ne sera pas. Une démocratie antichrétienne sera une parodie qui sombrera dans la tyrannie ou l’anarchie.’

‘Le Mouvement européen ne réussirait que si les générations futures parviendraient à s’éloigner de la tentation du matérialisme qui corrompt la société en la privant de racines spirituelles’ écrivait-il.

La démocratie, dans certaines parties de l’Europe, se dirige aujourd’hui vers la tyrannie ou l’anarchie. Polanyi prévoyait notre situation difficile. Ce sont des vérités qui comptent et des conversations que nous devons avoir.

Venez nous rejoindre.

 


À la semaine prochaine,

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