Fruits de renouveau

février 19, 2018

La semaine dernière, à Genève, je réfléchissais avec nostalgie, avec des amis, dirigeants de Jeunesse en Mission, sur le mouvement de renouveau mondial au cours des cinquante dernières années.

Dans des pensées de la semaine récentes, j’ai écrit au sujet de la ‘profonde reconnaissance pour ma famille, mes amis et pour la fidélité de Dieu’ que Romkje et moi-même ressentions lorsque nous triions et emballions nos affaires recueillies pendant quatre décennies, lors de notre déménagement vers Amsterdam. Le 95ème anniversaire de ma mère, il y a deux semaines en Nouvelle-Zélande, a été une occasion supplémentaire de regarder en arrière avec gratitude, particulièrement pour le bouleversement spectaculaire dans notre vie de famille, après la rencontre du Saint-Esprit au milieu des années 60.

En tant que famille, nous avions commencé à ouvrir notre maison, chaque vendredi soir, pour des temps d’attente de l’Esprit. Il n’y avait pas de programme organisé ou d’orateur. En tant qu’hôte, mon père encourageait chacun à être ouvert aux appels de l’Esprit, comme en 1 Corinthiens 14:26 ; Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification. Mon frère et moi jouions du piano et de la guitare lorsque quelqu’un suggérait un chant.

Notre salon devint rapidement bondé de gens, avec les fenêtres embuées et les voitures garées le long de la route. Plus d’une fois, les gens vinrent à la porte en espérant s’incruster dans une fête excitante. Des rumeurs idiotes commencèrent à se répandre, que les gens aboyaient comme des chiens ou grimpaient aux murs de la maison des Fountain. Les réunions restaient non planifiées et imprévisibles, suivant la direction de l’Esprit.

Nous avons enlevé un mur pour agrandir l’espace alors que les gens venaient de près et de loin. Finalement, nous avons déblayé toute la maison pour construire une salle de réunion plus grande au sous-sol. Initialement une affaire de non-initié, la ‘réunion du vendredi soir’ commença à attirer le clergé des principales dénominations. Un soir, un archidiacre anglo-catholique fit son apparition à la porte, à notre grande surprise. Pour beaucoup, ces soirées devinrent des lieux de rencontre personnelle avec le Saint-Esprit. Ce fut un des points de départ de ce qui devint connu sous le nom de Mouvement charismatique dans la ville d’Auckland.

Nouvelle vague

Jetant un regard en arrière sur un demi-siècle , nous pouvons retracer les différentes phases de ce mouvement de renouveau. Cela commença avec une activation personnelle, avec des vies guéries et transformées, pour se répandre au sein des assemblées renouvelées. Mon père, un ancien baptiste, était étonné de se retrouver dirigeant des séminaires de ‘Vie dans l’Esprit’ parmi les Catholiques.

La louange renouvelée fut une conséquence supplémentaire de ce mouvement. En 1968, un jeune couple néo-zélandais, appelé David et Dale Garratt, commença à produire des enregistrements de versets bibliques mis en musique. Mon frère et moi les avons aidés à enregistrer leur tout premier album appelé Scripture in Song (la Parole en musique). Les Moir, dans son livre sur le mouvement mondial de louange, Missing Jewel (Le joyau manquant), dit que cet album a donné le ton à toute une nouvelle vague d’auteurs-compositeurs et de dirigeants de louange qui ont façonné la louange de l’église, partout dans le monde.

À peu près au même moment, Loren Cunningham présentait son organisation naissante, Youth With a Mission (Jeunesse en Mission ou JEM), en Nouvelle-Zélande. A cette époque, une conférence mondiale de JEM aurait pu avoir lieu dans une cabine téléphonique. Le moment était parfait pour beaucoup de jeunes gens, remplis de l’Esprit, de partir à l’étranger pour des missions à court terme. La Nouvelle-Zélande fut le premier pays, en dehors des Etats-Unis, où JEM s’est établi. Les missions devinrent la phase suivante de ce mouvement de renouveau.

D’autres, restés à la maison, commencèrent à explorer ce que l’évangile signifiait pour ce que mon père appelait ‘les 100 autres heures’; ces heures qui, chaque semaine, ne sont passées, ni à l’église, ni à dormir (deux activités qui peuvent parfois se chevaucher). Dieu donnait à son peuple les moyens d’agir en tant qu’agents de son Royaume pour cette phase suivante – d’effectuer une transformation dans toutes les sphères de la vie quotidienne et de la société. La division entre ce qu’on appelle les sphères de la vie sacrée et séculière était en train de tomber.

Nouvelle expression

Alors que pour certains, cela est apparu comme une ‘nouvelle révélation’ de Dieu, Francis Schaeffer et d’autres ont souligné la profonde et considérable tradition de Jean Calvin qui, au seizième siècle, avait prêché et enseigné ce message, chaque jour, dans la ville où nous étions maintenant réunis. Genève devint ce que John Knox appela ‘l’école de Christ la plus parfaite qui ait jamais existé sur terre depuis le temps des Apôtres’, suite à l’enseignement de Calvin au sujet de la famille, du monde des affaires, de l’éducation, du gouvernement, de l’église et d’autres sphères de la vie.

Une autre phase vint avec la prise de conscience suscitée par l’intérêt de Dieu pour la justice et la miséricorde. Le ministère de miséricorde de Matthieu 25 prit une nouvelle expression dans les banques alimentaires, les conseils communautaires, les ministères des réfugiés et des migrants, les chrétiens luttant contre la pauvreté et bien plus encore.

Malgré cette dernière phase, l’accent mis sur la transformation risque aujourd’hui d’être détourné par ceux qui croient qu’en infiltrant les chrétiens dans des positions politiques élevées pour dominer et contrôler de telles sphères ou ‘montagnes’, la société sera transformée. Trop souvent, surtout de l’autre côté de l’Atlantique, cela est associé à une mentalité de ‘guerre de culture’, un état d’esprit ‘eux et nous’, polarisant davantage une société déjà divisée.

Le temps semble mûr pour une nouvelle phase de renouveau, exprimant le but ultime de Dieu pour l’histoire humaine – au sujet duquel nous écrirons la prochaine fois.

 


À la semaine prochaine,

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