Une histoire personnelle

mai 18, 2015

Après les plus sérieuses pensées des dernières semaines, c’est le moment de raconter une histoire personnelle : celle du nouveau bureau mobile du Centre Schuman.

A l’approche de mon soixante-cinquième anniversaire en septembre dernier, ma femme Romkje m’avoua les plans qu’elle avait élaborés, avec nos fils, depuis le mois de mars précédent. Sachant que ce qui me manquait le plus de la Nouvelle-Zélande était la navigation avec laquelle j’ai aimé grandir, de l’autre côté du monde, ils voulaient m’acheter un bateau.

Quand j’étais petit, mon père avait un dériveur. S’en suivit ensuite un petit bateau à moteur, puis un yacht à moteur de 5 mètres de long, et enfin un plus large, adapté à la traversée de la mer, vers l’Ile de la Grande Barrière, où notre famille se rendait chaque année pour des conventions d’été. J’ai beaucoup de souvenirs heureux de ces années, profitant du paradis des bateaux sur les eaux d’Auckland, la ‘Ville des voiles’. Pendant des années, je fis équipage dans des courses à la voile sur un quillard de 10 mètres de long, appartenant à un ami. Mes frères, ma sœur et leur famille ont tous leur propre bateau de tailles diverses.

Une publicité d’un petit bateau, dans un magazine, attira l’attention de Romkje. Elle fut étonnée de voir ce qu’il était possible d’acheter pour le prix d’une voiture familiale d’occasion. Pendant des mois, elle et les enfants surfèrent sur internet pour trouver quelque chose qu’ils pensaient pouvoir me plaire. Ils voulaient m’amener au port et dire : ‘Surprise!

Mais, pensèrent-ils, je n’aurais peut-être pas aimé leur choix. À contrecœur donc, ils durent me révéler leur secret.

Relationnel

Il va sans dire que je fus entièrement surpris. D’abord, où ma femme avait-elle obtenu l’argent pour acheter un bateau ? Ah, expliqua-t-elle, c’était un petit héritage secret, transmis par un ami, avec comme condition qu’il soit utilisé à des fins uniquement personnelles.

Ensuite, pensai-je, un bateau conviendrait-il à mon style de vie, avec de nombreux voyages et engagements hors du pays ? Je pensais aux Heritage Tours et aux Masterclass pour les études européennes que nous organisons chaque été. Mais quand je vis à quel point mes fils étaient enthousiastes à l’idée d’un bateau de famille, je réalisai combien j’aimerais leur donner pour héritage, ainsi qu’à leur famille, le genre de navigation dans lequel je grandis. Je pensai alors que ceci était peut-être le style d’encouragement dont j’avais besoin pour prendre du temps avec Romkje pour des vacances sur les nombreux canaux hollandais. Après tout, c’était mon soixante-cinquième anniversaire qu’elle voulait honorer !

Et je savais, de ma propre expérience familiale, à quel point un bateau était relationnel : tous ensemble dans un petit espace pour de longues périodes, un bel environnement pour des conversations et de l’amusement ensemble avec la famille, des amis et des nouvelles connaissances.

Bureau

Ce qui me convainquit était la pensée soudaine qu’un bateau serait un endroit idéal où pouvoir écrire ! À ce stade de ma vie, l’écriture est devenue une grande priorité pour moi. J’ai une liste de projets de livres sur lesquels je dois travailler. Ceci serait un endroit loin du bureau et des nombreuses interruptions : un bureau mobile en effet !

J’établis rapidement une liste de souhaits pour un bateau convenable : adapté aux enfants, suffisamment spacieux afin que d’autres puissent monter à bord, etc. En une semaine, je repérai un bateau motorisé correspondant à ma liste de souhaits. Seulement, le prix était plutôt élevé. Romkje et moi rencontrâmes le propriétaire et naviguâmes avec lui pour un tour d’essai. Elle lui expliqua le montant qu’elle avait et pourquoi elle voulait l’acheter. Le propriétaire répondit qu’il aimait notre histoire et nos visages (!) et accepta l’offre.

Un voyage de trois jours amena le bateau dans un port à Zwartsluis, près de notre maison. Je demandai à un ami ‘homme à tout faire’ quelques conseils au sujet de quelques modifications à y apporter. À ma grande surprise, il revint avec une proposition de rénover complètement le bateau avec deux de ses amis, plus la construction d’une remorque spéciale pour transporter le bateau dans un hangar de fermier : pro Deo !

Quatre mois de travail par ces trois ‘anges’ aboutirent, ce week-end, à l’inauguration du Manu II, d’après le bateau de mon père (du maori ‘oiseau’, et raccourci d’Emmanuel).

Avec des ballons attachés à la proue, nous avons célébré l’anniversaire de Romkje ce samedi avec les enfants et les petits-enfants. Nous espérons que Manu II sera une bénédiction pour beaucoup, y compris pour vous peut-être.

 


À la semaine prochaine,

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