La relation humaine fondamentale

février 9, 2015

Lors d’une visite d’un parc de sculptures en Nouvelle-Zélande, il y a quelques temps, ma femme et moi découvrions une pince à linge géante de plus de deux mètres de haut. L’unique mot sur la plaque nous permet, en réalité, de voir cet objet domestique commun avec une perspective entièrement nouvelle.

Car ce gigantesque gadget familier était simplement intitulé : ‘Mariage’. Avec une imagination artistique, le sculpteur John Ferguson (avec sa femme sur la photo) révèle en cette pince à linge une métaphore puissante de l’union d’un homme et d’une femme, dans l’alliance du mariage en vue de former une nouvelle unité. En effet, une pince à linge consiste simplement en deux éléments libres reliés par un ressort, sans lequel les parties ratent leur fonction commune. C’est le ressort qui crée la nouvelle entité de ces deux éléments, avec un nouveau but.

L’élément liant dans le mariage est l’alliance, les vœux faits l’un envers l’autre, pour la vie: devant Dieu, la famille, les amis, l’église, l’Etat et la communauté. Chacun, à partir de ce moment, reconnaît les deux individus comme une nouvelle unité sociale, un couple marié, des constructeurs potentiels d’une famille. Cette image simple mais puissante vaut la peine de s’y attarder en cette semaine particulière, culminant ce samedi par la Saint-Valentin. Cet événement ne peut nous échapper, alors que les magasins et hôtels nous envahiront ces prochains jours, avec des idées sur la manière de dépenser de l’argent pour notre partenaire – pas une si mauvaise idée.

Entretien

Il y a presque vingt ans, un jeune homme nommé Richard Kane se tenait dans une file à la caisse d’un magasin de décoration intérieure, regardant les couples en face de lui dépensant de l’argent afin d’améliorer leur maison. Combien d’argent et d’efforts, se demanda-t-il, dépensent ces couples pour améliorer leurs relations ? Cogitant un peu plus sur la question, il se demanda pourquoi les hommes considéraient comme un devoir de faire l’entretien de la voiture, mais donnaient peu de temps ou d’effort dans l’entretien du mariage. Pourquoi, alors, ne pas démarrer une semaine spéciale mettant l’accent sur le mariage, pensa-t-il ? Il y a presque deux décennies, désormais, Richard lança la Semaine du Mariage en Grande-Bretagne, avec la participation de politiciens de renom et de personnalités publiques. Il commença à promouvoir des articles dans les journaux, des programmes à la radio et à la télévision, des concerts spéciaux, des repas et d’autres événements sociaux, tous abordant le mariage. L’idée s’est maintenant répandue dans plus de trente pays dans le monde, avec de nouveaux pays s’ajoutant chaque année. Dans différents pays, la recherche professionnelle se penche sur l’état du mariage et le coût du divorce pour la société.

Et ce n’est pas trop tôt ! Car, tout comme la maternité, le mariage hétérosexuel, en tant qu’institution bien établie, fait face de nos jours à des attaques, considéré comme démodé, bourgeois et moraliste, dans une société hédonistique, de plus en plus obsédée par la gratification sexuelle et les ombres sales de la pornographie. Le certificat de mariage n’est rien de plus qu’un bout de papier, alors pourquoi s’en importuner ? La société et l’ordre social, nous dit-on depuis le temps de Thomas Hobbes, est basé sur un contrat social entre des individus indépendants et l’Etat, envers lequel nous nous soumettons en échange de sa protection. La société est, au fond, faite d’individus rationnels et égoïstes, nous dit-on. Au mieux, le mariage est aussi un contrat social de convenance mutuelle entre deux adultes consentants, qui peuvent ou non survivre à son utilité.

Alliance

Mais le récit biblique nous donne une compréhension différente du mariage : le lien social primaire n’est pas l’Etat, mais le mariage. C’est un lien d’identité. Le personnage central n’est pas ‘je’ mais ‘nous’, dont je fais partie. L’individualisme n’est pas une partie de la Réalité Ultime, le Dieu Trinitaire. Les humains sont des êtres sociaux, créés pour les relations et pour trouver une identité dans la relation : le mariage, la famille, la communauté, la nation comme famille étendue, et l’humanité comme une famille de nations, sous la parentalité de Dieu.

L’égoïsme n’est pas la force motrice de ce scénario. C’est plutôt le concept hébreu de hesed, ou d’obligation-devoir d’alliance, qui découle de l’appartenance. Dans la vision biblique, la société n’est pas basée sur un contrat mais plutôt sur une alliance, une relation forte basée sur la loyauté et la fidélité, même dans la difficulté. Une société fondée sur le contrat se maintient grâce à des forces extérieures, en définitive par le monopole de l’Etat sur des forces coercitives. Une société fondée sur l’alliance se maintient grâce à un engagement internalisé, la fidélité, hesed. Dans le mariage, c’est le ressort de la pince à linge : les vœux, les promesses, l’alliance faite ‘pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse et la pauvreté, dans la santé et la maladie, jusqu’à ce que la mort nous sépare.’ Une telle relation a besoin d’être entretenue, soutenue, ravivée, et les braises de la passion et de l’amour remuées.

C’est ce que la Semaine du Mariage souhaite provoquer. Tout comme Richard dit : « Si vous avez la chance d’être dans un mariage, vous devriez vous occuper et travailler à l’amélioration de votre relation, de rendre encore meilleur un bon mariage. »

Faisons-le !

 


À la semaine prochaine,

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