Différentes lunettes

novembre 14, 2016

Vous souvenez-vous de ces dames ? Si pas, vous êtes sans doute trop jeune pour vous rappeler de ces femmes dont leur croquis provient du livre de Steven Covey : les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent qui est paru l’année de la chute du Mur de Berlin.

(Par coïncidence, précisément 27 ans après le jour où le monde célébrait la chute du Mur, le 9 novembre, nous avons sur la scène un nouveau bâtisseur de mur. Qui aurait pu l’imaginer ?)

Jetez un coup d’œil au premier croquis à gauche avant de regarder la dame au milieu. Quel âge pensez-vous que cette femme pourrait avoir ? La plupart diraient qu’ils regardent une jeune femme attirante portant un collier ras-du-cou, avec la tête tournée vers la droite. Mais ceux qui ont regardé d’abord la dame à droite, avant de regarder l’image du milieu, supposent que la dame est une vieille sorcière édentée au grand nez et au menton recourbé.

Il y a deux décennies, je distribuais parfois ces dessins à l’auditoire : le croquis de gauche à la moitié du groupe et le croquis de droite à l’autre moitié. Ensuite, je montrais, sur le  rétroprojecteur, le croquis du milieu comme une version plus affinée de la même dame, et demandais ensuite qui pensait que cette femme était jeune, en-dessous de la quarantaine ? La moitié des mains se levait. Qui pensait qu’elle était vieille, disons au-delà de la septantaine ? L’autre moitié levait les mains. Les deux groupes se regardaient les uns les autres incrédules, leur gestuelle exprimant l’incompréhension.

Tout comme le monde chrétien, la semaine dernière, répondant aux discussions dans les médias sociaux sur la victoire de Trump.

Un camp ne comprend pas pourquoi les chrétiens ne voteraient pas pour le candidat qui défend la politique anti-avortement, les nominations conservatrices à la Cour Suprême, les mariages hétérosexuels, l’infiltration antimusulmane et d’autres valeurs conservatrices/traditionnelles/bibliques. L’autre camp ne peut comprendre comment des gens qui se disent disciples de Jésus puissent voter pour un tyran dénigrant les femmes, évitant les impôts, manipulateur, enrichi avec les jeux de hasard, trois fois marié, raciste, xénophobe, protectionniste, isolationniste, furieux, avide de pouvoir, post-vérité, post-valeurs et narcissique.

‘Humble’

Une amie proche m’a écrit qu’elle croyait que ‘Dieu a un mandat sur la vie de Trump. Au cours des derniers mois, Trump a traversé une saison de leçons d’humilité. Durant ce temps, j’ai observé un changement s’opérer en lui.’

Bon, je ne suis pas sûr si ‘humble’ est le mot que la plupart des gens associeraient au président élu. Un autre m’a dit que j’avais évidemment trop bu de la presse contrôlée par Clinton. Ai-je donc tort de prendre trop littéralement les propres mots de Trump ? Quelqu’un a remarqué que les partisans de Trump le prenaient au sérieux mais pas littéralement ; ses opposants le prenaient littéralement mais pas sérieusement.

Je suis peut-être trop comme les dirigeants de l’église primitive de Jérusalem, méfiants de la conversion de Saul/Paul, après sa campagne de persécution meurtrière contre les gens de la Voie. J’attends la preuve du changement et serais heureux et rassuré si celui-ci se produisait.

Mais comment des chrétiens évangéliques, professant le même Seigneur et les mêmes valeurs bibliques, ont des perspectives si différentes ? Peuvent-ils tous avoir raison ? Avons-nous un président élu à la double personnalité du style Docteur Jekyll – Mister Hyde ? Dans ce cas, nous sommes encore plus mal que je ne le pensais. Ou est-ce que cela à avoir avec les lunettes que nous utilisons pour observer le même sujet ? Dans ce cas, la question est comment combler l’écart de perception. Nous devons nous interroger : ‘Qu’est-ce qui vous a fait voir Trump positivement ?’ ‘ou négativement ?’ Et prendre le temps d’écouter.

Ai-je raison de conclure que la plupart des évangéliques ont voté pour Trump parce qu’après tout, il était le candidat républicain, même s’ils auraient préféré certains de ses concurrents antérieurs ; que même s’ils ne se sont pas souciés de son langage et de son comportement, il était le plus susceptible d’arrêter la détestée Hillary et tout ce qu’elle défendait, y compris l’avortement, le mariage homosexuel, les toilettes publiques communes, Obamacare, et bien plus encore ? Quant à son caractère, eh bien, il est maintenant né de nouveau puisque Dieu l’a pardonné, nous le pouvons aussi.

Intégrité

Ceci est un point de vue. Mais vu avec les autres lunettes, il semble qu’un prix énorme soit payé pour ces gains. Laissant de côté la chute paradoxale des statistiques de l’avortement sous les présidences démocrates, pour des raisons économiques, cette vision laisse craindre que la crédibilité du mouvement évangélique, et donc de l’Evangile, ait souffert aux yeux du monde qui observe. Comment l’Amérique peut-elle devenir grande en approuvant le racisme, l’évasion fiscale, les discours haineux, l’intolérance pour la liberté religieuse et le mépris pour le soin de la création (l’environnement) ? Est-ce que cet homme est qualifié pour diriger le monde libre alors qu’il mine les mesures de sécurité collectives développées avec d’autres alliés occidentaux depuis la Seconde Guerre mondiale ? Ou bien quand il loue l’autocrate qui bombarde cyniquement les citoyens d’Alep et refuse de permettre aux Ukrainiens la liberté de choisir leur propre destin ?

La dernière scène d’America First ! (L’Amérique d’abord !), qui s’opposait à la participation à la Seconde Guerre mondiale, coula du jour au lendemain avec le bombardement de Pearl Harbour. Faudra-t-il une invasion des Pays Baltes ou une cyberattaque majeure pour faire comprendre à l’Amérique que l’isolationnisme et le protectionnisme ne sont pas une réponse ?

O Dieu, que la vérité, la miséricorde, la justice et le conseil sage l’emportent !


À la semaine prochaine,

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