Foi sur la place publique

novembre 21, 2016

Bien que les Européens et les Américains aient beaucoup de choses en commun, ils ont souvent vu les choses différemment. Un domaine où les Américains ont vu juste était la séparation entre l’Eglise et l’Etat dans leur constitution.

Beaucoup de gens, de ce côté de l’Atlantique, ont compris que la séparation entre l’Eglise et l’Etat signifiait que l’endroit approprié pour la religion était dans le secret, et non sur la place publique. Croyez ce que vous voulez, il n’y a pas de problème, mais n’amenez pas votre religion en  politique. Des voix dominantes ont soutenu que le rôle de la religion dans l’histoire n’a été que destructeur – en témoignent les Croisades, l’Inquisition, les Guerres de religions, le problème irlandais, et maintenant, voyez : le président Trump, élu par des hordes d’évangéliques !

La séparation entre l’Eglise et l’Etat, considérée comme une innovation du Siècle des Lumières, aurait dû conduire à la liberté de toute religion, pourraient soutenir ces voix.

Cependant, pour beaucoup de colons américains, la séparation entre l’Eglise et l’Etat signifiait la liberté pour la religion. En tant que réfugiés religieux, ils cherchaient à se libérer des régimes oppresseurs, séculiers et ecclésiastiques – catholiques, anglicans, luthériens et réformés – sur le continent : par exemple, les Pères pèlerins au Massachusetts, les mennonites en Pennsylvanie et les catholiques au Maryland. Les migrants irlandais échappaient à des conditions intolérables sous le système politique britannique aux connotations religieuses. Aucune dénomination ou religion ne devrait être favorisée, soutenaient-ils. Toutes les églises et religions devraient avoir un terrain de jeu équivalent.

La pratique de la séparation entre l’Eglise et l’Etat, en Europe, n’est en aucun cas uniforme, comme on le croit parfois. Il existe une grande variété, depuis l’Irlande, dont la constitution commence par « Au Nom de la Très Sainte Trinité », jusqu’en France, où le concept de laïcité retient la religion en dehors de la politique.

C’est cependant cette attitude française qui a souvent été dominante dans les cercles de l’Union européenne. Lors de la rédaction de la proposition de constitution en 2003, la dette de l’Europe envers la Grèce et de la Rome antiques était heureusement reconnue, en même temps que les réalisations du Siècle des Lumières. Rien, cependant, n’a été dit sur les racines chrétiennes de la civilisation européenne.

Trop peu

Tout comme le célèbre journaliste et auteur britannique, Tom Holland, l’a écrit, cela aurait été surprenant pour des hommes comme Konrad Adenauer et Robert Schuman. Ils avaient consciencieusement voulu reconstruire l’Europe sur des fondements chrétiens. La vision de Schuman pour l’Europe était pour « une communauté de peuples profondément enracinée dans les valeurs chrétiennes ». Il croyait que la démocratie devait être chrétienne ou alors, elle deviendrait de l’anarchie ou du totalitarisme.

Holland écrit que la Bible n’était pas simplement un outil pour les puissants. Elle a aussi servi à doter les faibles, les pauvres et les nécessiteux d’une valeur qu’ils n’avaient encore jamais possédée auparavant. Aucun texte n’a fait plus pour étayer la construction d’une identité nouvelle et multiculturelle, pour le continent, que le Sermon sur la Montagne, écrit-il ; il ne suffit pas que les Européens tolèrent simplement des différentes cultures : Ils doivent apprendre à les respecter aussi bien qu’à les adopter. Il cite alors Angela Merkel : « Nous n’avons pas trop d’islam ; nous avons trop peu de christianisme ».

Cela est certainement vrai, compte tenu des événements récents qui semblent représenter la fin de l’ère qui débuta vers 1949, l’année de ma naissance – lorsque l’OTAN fut constituée, les Nations Unies furent instaurées, et les premières mesures vers l’Union européenne furent prises. Le fruit de l’isolationnisme, du protectionnisme, du nationalisme ethnique et du dédain pour la sécurité collective devra être jugé à la lumière des valeurs, dérivées de la Bible, de la dignité humaine, de la solidarité, du bien commun et de l’égalité morale.

La source

Dans des moments comme ceux-ci, nous devons revenir à la source – ‘ad fontes’ – comme Erasme le plaidait il y a cinq siècles, lorsque l’Europe était également confrontée à de multiples crises. La ‘source’ qu’il avait à l’esprit était l’enseignement des évangiles, des épîtres et des pères de l’Eglise primitive –et, non pas d’abord, les philosophes classiques de Grèce et de Rome, comme les humanistes essayent aujourd’hui de lui faire dire.

Nous devons puiser dans les ressources spirituelles pour nous guider dans ces temps d’incertitude politique. Dans cette perspective, nous invitons toute personne concernée par le futur de l’Europe à participer au second Symposium Schuman sur la spiritualité et la politique à Bruxelles, dans deux semaines, le mardi 6 décembre.

Gary Wilton, coéditeur de ‘God and the EU’ (Dieu et l’UE) et ancien représentant de l’Archevêque de Cantorbéry à l’Union Européenne, parlera de la spiritualité de la Déclaration Schuman, la proposition de trois minutes, faite le 9 mai 1950, considérée comme le certificat de naissance du projet européen.

L’eurodéputé slovaque, Branislav Škripek, qui croit fermement à la puissance de la prière sur la place publique, nous partagera son propre pèlerinage spirituel dans la politique européenne.

Ils seront rejoints par d’autres invités au sein d’un groupe de réflexion sur les développements de cette année agitée – comprenant la crise des réfugiés, le Brexit et l’élection de Trump – et ce que cela pourrait signifier pour nous au cours de l’année prochaine.

Venez nous rejoindre à la Chapelle de la Résurrection à 16 heures. Nous aurons besoin de toute la sagesse que nous pourrons recevoir alors que nous nous préparons pour 2017 !


À la semaine prochaine,

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