Long et heureux

septembre 12, 2016

La première chaire universitaire en relations durables, annoncée la semaine dernière par une université néerlandaise, vise à informer la politique gouvernementale au soutien des mariages et à la prévention des relations conflictuelles.

Dans une société où la durabilité est considérée comme un but essentiel dans presque tous les domaines, excepté le mariage et les relations familiales, la nomination du professeur Dr. Esther Kluwer (48 ans) à cette chaire – par l’Institut de Science comportementale de l’Université Radboud de Nimègue – est un essai proactif dans le but de promouvoir des relations plus heureuses et plus stables.

La nouvelle chaire est une initiative de la Fondation MarriageWeek (Semaine du mariage) aux Pays-Bas, qui est préoccupée par le taux de divorce de 43% aux Pays-Bas, et des coûts sociaux et économiques de telles relations brisées.

Jan Hol, président de MarriageWeek, écrivait ceci au sujet de la nomination : « Notre fondation travaille pour promouvoir des relations heureuses et durables et pour réduire le nombre de divorces. Notre pays a besoin d’une politique qui soutient des relations fondées sur l’amour. L’Allemagne et l’Angleterre ont donné un bon exemple dans ces domaines depuis quelques temps. Cette chaire spéciale contribuera à la réalisation de ces objectifs. »

Il y a cinq ans, Hol et d’autres membres du conseil, dont ma femme Romkje, secrétaire et directrice de projet de MarriageWeek, commencèrent à se préoccuper par l’absence de recherche sur le mariage et le divorce aux Pays-Bas. Ils demandèrent une étude indépendante qui calcula finalement que le coût du divorce pour les contribuables néerlandais était de quelque 2 milliards d’euros par an. Les coûts les plus importants, presque 900 millions d’euros, étaient liés aux comportements criminels des enfants issus de foyers brisés. Les besoins supplémentaires des familles monoparentales en aides sociales s’élèvent à environ 380 millions d’euros. Les coûts estimés de la perte d’heures de travail consécutives à un divorce atteignent quelque 440 millions d’euros.

Un devoir évident

Une recherche de la Relationships Foundation (La fondation des relations) en Grande-Bretagne a contribué à inspirer le projet néerlandais. L’éclatement des familles, de l’autre côté de la Manche, avait un coût estimé à 46 milliards de livres sterling par an, un chiffre cité dans le journal The Telegraph, par le ministre du bien-être, Lord Freud. Il avait aussi demandé que le mariage soit ‘remis à sa juste place’ après une augmentation du nombre d’enfants élevés par des parents non mariés qui, disait-il, étaient quatre fois plus susceptibles de se séparer que ceux qui se passaient la corde au cou. Le gouvernement de coalition ne devrait présenter « aucune excuse » pour dire qu’il a un  devoir évident de renforcer la famille, selon ce qu’il aurait déclaré.

Avec les résultats de leur recherche, les membres du conseil de MarriageWeek ont rencontré, il y a deux ans, des représentants du gouvernement néerlandais, soutenu par les membres chrétiens du Parlement et d’autres experts dans le domaine, afin de discuter des répercussions en matière de politique publique. On leur a dit que des recherches plus spécifiques étaient nécessaires.

L’annonce de la semaine dernière était une réponse de MarriageWeek à cette demande, pour mieux comprendre quelle politique développer.

Pendant ce temps-là, les membres chrétiens du Parlement ont continué à être actifs sur d’autres fronts. En réponse aux programmes télévisés idéalisant l’adultère, et des publicités dans les médias encourageant ‘des aventures amoureuses parallèles’, un parlementaire obtint des financements pour créer des publicités au bord de la route indiquant : l’adultère – un jeu de famille où tout le monde perd (un jeu de mot sur le mot néerlandais pour adultère : ‘overspel’ – ‘spel’ signifiant ‘jeu’.)

D’autres continuent de réclamer une loi permettant aux couples une déduction fiscale pour les formations sur l’épanouissement par le mariage, tout comme les couples divorcés ont le droit de déduire les dépenses de conseil post-divorce.

Victimes vulnérables

Le Professeur Kluwer planifie de faire des recherches sur les facteurs qui rendent les relations durables. « La littérature scientifique montre que les personnes qui ont une bonne relation de couple, ont moins de problèmes liés à l’insuffisance cardiaque et à la dépression » expliquait-elle. « En outre, ils récupèrent mieux après une maladie.»  Selon le professeur, beaucoup de recherches effectuées sur les relations ont mis l’accent sur ce qui va mal, mais la concentration sur les aspects positifs n’est que très récente et moins fréquente.

Alors que les contribuables, ainsi que les partenaires impliqués, souffrent des conséquences du divorce, les victimes les plus vulnérables sont les enfants. Aux Pays-Bas, le nombre de ceux-ci augmente chaque année de 70.000.

Lord Freud a dit à la Chambre des Lords qu’il y avait ‘environ 2,5 millions de familles séparées avec 4,1 millions d’enfants en Grande-Bretagne. Des études avaient lié l’éclatement des familles avec l’échec scolaire des enfants, se retrouvant au chômage, s’impliquant dans le crime et souffrant de troubles mentaux, expliquait-il dans The Telegraph. « Il serait facile d’évaluer le coût financier pour la société, provenant de l’éclatement des familles, mais le coût social est encore plus élevé et ses conséquences beaucoup plus profondes. »

Cependant, alors que les situations en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas soulèvent des inquiétudes réelles, d’autres pays européens reflètent des chiffres bien plus alarmants. Huit des dix pays, dans le monde entier, avec des taux de divorce les plus élevés étaient européens. Les Etats-Unis, avec un bilan de 53% (un toutes les six secondes), ne sont devancés, en Amérique, que par Cuba (56), et par les pays européens suivants: France (55), Estonie (58), Luxembourg (60), Espagne (61), République Tchèque (66), Hongrie (67), et le Portugal (68)… avec la Belgique, en tête du classement mondial, avec 71% !

Il est évident qu’il y a encore beaucoup à faire pour promouvoir des mariages longs et heureux partout en Europe. Que cette chaire soit la première parmi tant d’autres !

 


À la semaine prochaine,

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