Combler le fossé

septembre 19, 2016

Cédric et Elina sont un jeune couple avec un rêve. Ils veulent encourager les jeunes croyants européens à rêver avec eux pour l’avenir de leur continent. Dans un temps de nationalisme, de xénophobie et de méfiance internationale en croissance, ils veulent promouvoir une compréhension plus large et la réconciliation.

En tant qu’associés du Centre Schuman, ils organisent cette année le European Christian Youth Parliament (Parlement européen de la Jeunesse chrétienne) à Tallinn, du 3 au 6 novembre, en collaboration avec Mission-Net et PEFY (Forum pentecôtiste européen pour les ministères de jeunesse).

Elina et Cédric forment eux-mêmes un couple interculturel et international. Elle est finlandaise, mais a grandi entre la Finlande et l’Angleterre, tandis que lui, ayant grandi en Belgique, est italien comme en témoigne leur nom de famille, Placentino. Récemment, ils ont déménagé, avec leurs deux filles, de la Belgique vers la terre natale d’Elina où, étant adolescente, elle participa à un Parlement européen séculier. Ceci suggéra en elle l’idée de réunir la jeunesse chrétienne afin d’appliquer les valeurs et les perspectives bibliques aux problèmes auxquels sont confrontés les Européens aujourd’hui, comme l’économie, la migration, le soin de la création et les relations internationales.

S’inspirant du patrimoine, à la croisée des chemins, de l’Estonie, le Parlement de la Jeunesse explorera la valeur biblique de la réconciliation en rapport avec les réalités de l’Europe d’aujourd’hui sous le thème « Combler le fossé » (Bridging the gap). Dans les réunions plénières et de comités, les jeunes délégués développeront des idées, formuleront des propositions et discuteront avec leurs pairs, soutenus par des mentors venant de Finlande, de Suède, de Lettonie, de Grande-Bretagne et des Pays-Bas. Durant l’assemblée générale de clôture, les comités présenteront leurs résolutions.

Carrefour

Les Placentino ont choisi Tallinn, comme lieu pour cet événement, la capitale de l’Estonie qui tient durant ce semestre la présidence du Conseil de l’Europe (voir ci-dessous). L’Estonie, faisant auparavant partie de l’Union soviétique et située à la périphérie Nord-Est de l’Europe, a toujours été un carrefour naturel de différentes manières, dit Cédric. Sur les plans géographique, politique, linguistique et théologique, l’Estonie a été confrontée avec la réalité d’être un pays à la croisée des chemins. Elle a été à la frontière de différents royaumes et empires, tels que la Suède, la Russie, la Lituanie et le Saint-Empire romain. Aujourd’hui, l’Estonie est toujours un point de rencontre entre la Russie et l’Occident.

Ville fortifiée pittoresque aux tours de conte de fées, Tallinn est une des capitales les plus anciennes de l’Europe du Nord. La vieille ville est l’une des cités médiévales les mieux conservées en Europe et est inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO. En 1285, la ville, alors connue sous le nom de Reval, devint le membre le plus septentrional de la Ligue hanséatique, une alliance mercantile et militaire de villes sous domination allemande au Nord de l’Europe. Les Danois vendirent Reval aux Chevaliers Teutoniques en 1346. La Reval médiévale jouissait d’une position stratégique au carrefour des échanges commerciaux entre l’Europe occidentale, septentrionale et la Russie.

Après ce que l’on appelle la révolution chantante de 1991, lorsque le régime soviétique fut pacifiquement renversé, Tallinn devint rapidement une capitale européenne moderne. Aujourd’hui, la ville est souvent surnommée la Silicon Valley d’Europe, ayant le plus grand nombre de startups par personne en Europe et étant le berceau de beaucoup de compagnies internationales, y compris Skype.

Trahison

La plupart des réunions du Parlement de la Jeunesse se tiendront dans le bâtiment de l’Eglise méthodiste de Tallinn, avec une session plénière spéciale dans le Riigikogu, le Parlement estonien situé à Toompea (Domberg ou Colline de la Cathédrale), siège de l’autorité centrale durant plusieurs siècles. L’événement de quatre jours se terminera le dimanche 6 novembre, désigné comme Europe Prayer Sunday, avec un culte dans la principale église pentecôtiste de la ville.

En tant qu’associés du Centre Schuman, Cédric et Elina font partie d’un réseau de bénévoles à temps partiel et temps plein, promouvant les objectifs du Centre Schuman pour les Etudes européennes, actuellement actif en Finlande, en Lettonie, en Roumanie, au Danemark, aux Pays-Bas et en Belgique. Tirant son nom de Robert Schuman, le ministre français des Affaires étrangères après la Seconde Guerre mondiale et père fondateur de ce qui est devenu l’Union européenne, le centre vise à encourager sa vision de l’Europe en tant que communauté de peuples profondément enracinée dans les valeurs chrétiennes.

Le pardon et la réconciliation étaient indispensables pour restaurer la paix et la coopération en Europe, il y a sept décennies, en commençant par la France et l’Allemagne. Déjà en 1942, alors en résidence surveillée par les Nazis, Schuman écrivait que ses compatriotes français allaient devoir apprendre à pardonner et à aimer les Allemands dans le but de reconstruire l’Europe après la cessation des hostilités – une idée considérée comme une trahison par certains de ses contemporains. Le Parlement de la Jeunesse soulignera à quel point ces valeurs bibliques sont impératives pour une Europe pacifique et coopérative, aujourd’hui.

[Le Conseil de l’Europe, CoE (à ne pas confondre avec le Conseil européen ou le Conseil de l’Union européenne) promeut les droits de l’Homme, la démocratie et l’Etat de droit en Europe. Fondé en 1949, il a 47 Etats membres, couvre approximativement 820 millions de personnes et a son siège à Strasbourg. La Cour européenne des Droits de l’Homme – l’organisme le plus connu du Conseil de l’Europe – applique la Convention européenne des Droits de l’Homme.]


À la semaine prochaine,

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