Quand ‘Non’ signifie ‘Oui’

octobre 16, 2017

Il y avait quelque chose de déconcertant pour la délégation ukrainienne de dirigeants confessionnels et d’hommes politiques que j’ai rencontrée, la semaine dernière à Strasbourg, afin de réfléchir à l’impact des 500 ans de la Réforme.

Ils visitaient la ville pendant que leur président, Petro Poroshenko, s’adressait au Conseil de l’Europe et dévoilait un monument en bronze pour les ‘Cent Héros Célestes’ qui furent tués durant les manifestations de Maïdan, en 2012, à Kiev.

Comment se fait-il, demandaient-ils, que les responsables européens de pays protestants soutenaient que, si les Ukrainiens voulaient vraiment faire partie de ‘l’Europe’, ils devraient adopter des attitudes ‘libérales-progressistes’ sur des sujets tels que le mariage homosexuel, l’avortement et l’euthanasie ?

Je leur ai expliqué ce que mon collègue Evert Van de Poll appelle ‘le paradoxe de l’Europe’ : que l’Europe est le continent le plus influencé par la Bible… et par le rejet de la Bible. Alors que le fruit de la Réforme était encore visible dans ces pays traditionnellement appelés ‘Protestants’ – en termes de démocratie stable, de faible niveau de corruption, de PIB par habitant élevé – malheureusement, les églises de ces nations n’élaboraient plus de programmes de réunions. Le processus de sécularisation avait, en fait, déjà démarré dans les nations protestantes au moment même de la Réforme, lorsque les monastères furent sécularisés du jour au lendemain. Un long processus avait suivi , comme le retrace Charles Taylor dans L’âge séculier, par lequel les communautés religieuses, en commençant par les Protestants, s’étaient trouvées en grande partie marginalisées sur la place publique, à la fin du siècle dernier.

Moi-même, et d’autres avec moi, avons encouragé les membres de la délégation à ne pas céder à un tel ‘impérialisme occidental’ et à insister pour faire partie d’une Europe qui exprimait l’unité avec la diversité, et non la conformité. Les positions préconisées en tant « qu’Européens » n’étaient que des perspectives récentes, adoptées après avoir été défendues par une minorité bruyante, et ne reflétaient pas la position historique de la majorité écrasante des Européens. Eux, en tant qu’Ukrainiens, avaient autant le droit d’appeler leurs perspectives « européennes » que les « libéraux progressistes ».

Nous leur avons demandé instamment d’insister sur le principe de subsidiarité, ce qui signifie que seules les décisions affectant des questions au niveau européen devraient être prises à ce niveau, tandis que les questions nationales et locales devraient être décidées aux niveaux national et local. Il n’appartenait pas aux organes européens de statuer sur des questions qui devraient être décidées par des autorités nationales et locales.

Nous les avons également exhortés à apprendre à participer aux débats et à aider la prochaine génération de dirigeants chrétiens à s’engager efficacement sur la place publique. C’était crucial pour le bien-être spirituel de leur nation.

Nous pouvons apprendre de ceux d’autres pays confrontés à des défis similaires. Un site internet australien que je trouve très utile est Mercator qui se décrit comme ni conservateur, ni libéral, mais ‘dignitaire’ : « Nous plaçons la personne au centre des débats médiatiques sur la culture populaire, la famille, la sexualité, la bioéthique, la religion et le droit. »

Il y a quelques jours, Mercator a publié un article lié au débat actuel sur le mariage homosexuel en Australie. James Parker, un ancien militant homosexuel qui fait l’expérience de l’attraction homosexuelle, a écrit ce qui suit :

« Je suis au cœur de la campagne australienne du ‘non’ concernant le ‘mariage’ entre personnes de même sexeJe suis catalogué comme sectaire, homophobe et discriminatoire et pourtant, par le passé, j’ai risqué l’emprisonnement pour avoir défendu les droits des homosexuels. »

« Peu de personnes réalisent qu’un pourcentage significatif d’homosexuels et lesbiennes d’Australie « qui l’assument et qui en sont fiers » votent tranquillement non. Ces hommes et femmes, attirés par ceux du même sexe, me disent qu’ils votent non car ils croient que, dans la mesure du possible, les enfants ont le droit de connaître et d’être pris en charge par leurs parents biologiques, conformément à l’Article 7 de la Convention des Nations Unies sur les Droits de l’Enfant. Ils veulent que cette relation soit maintenue et sauvegardée à tout prix. Naturellement, beaucoup s’opposent à toute augmentation de maternité de substitution et de homoparentalité, une conséquence évidente de la légalisation du mariage homosexuel. »

« D’autres considèrent le mariage comme l’union sacrée d’un homme et d’une femme qui ne peut pas être reproduite par deux personnes du même sexe, par le biais d’une cérémonie civile ou religieuse, et ne devraient pas ainsi promulguer un mensonge en prenant le même nom. »

« De manière judicieuse, beaucoup d’homosexuels prévoient que les libertés fondamentales de parole, d’expression, de religion et d’association des Australiens seront menacées si les mots mari et femme devaient être retirés de l’Acte de mariage et remplacés par l’union de deux personnes. Ils craignent, à juste titre, des conséquences importantes, voire catastrophiques, comme la dissolution de l’homme et de la femme dans la société, avec ses effets néfastes sur le programme scolaire et sur le foyer familial, comme partout au Canada, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni où l’éducation homosexuelle radicale devient obligatoire. »

Dire ‘non’ c’est dire ‘oui’ aux valeurs fondamentales d’amour, de vérité et de justice sur lesquelles nous pouvons construire une meilleure Ukraine, une meilleure Europe, une meilleure Australie et un monde meilleur.

 


À la semaine prochaine,

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