Résolutions pour l’espoir

janvier 9, 2017

Comment pouvons-nous apporter de l’espoir dans une année qui offre peu de perspectives pour l’optimisme ?

Une tâche redoutable semble nous attendre, étant donné les scenarii suivants :

  • Une influence populiste croissante à travers l’Europe et quelque 15 élections, cette année, dans des pays européens dont la France (mars), les Pays-Bas (mars) et l’Allemagne (septembre ?), promouvant la politique de la peur, du reproche, de la polarisation, du protectionnisme et de l’antisémitisme, menaçant nos sociétés européennes ouvertes ;
  • Des rumeurs croissantes de plans de guerre de Poutine contre l’Ukraine et/ou les Pays baltes ; et sa quintuple stratégie agressive de guerre hybride impliquant 1) une hégémonie rampante par la dépendance économique et énergétique en Europe centrale et de l’Est, 2) un soutien aux partis d’extrême gauche et d’extrême droite pour saper l’Union européenne et l’ordre démocratique libéral, 3) une propagande de post-vérité via les chaînes de l’Etat (RT et Sputnik) et les médias sociaux, 4) une stratégie syrienne visant à déstabiliser l’Europe par des vagues migratoires, et 5) une accumulation de forces militaires conventionnelles et nucléaires ;
  • Un président élu américain (qui peut ou non respecter ses promesses électorales – « Oh, ce n’était que des discussions électorales… ») qui fait craindre aux Européens son protectionnisme de frontières fermées, son approche imprudente de l’environnement mondial, et son mépris des lois internationales (par exemple la Crimée) implicite dans ‘son amitié’ avec Poutine, faisant craindre que le Kremlin le considère comme ce que les Soviétiques appellent ‘un idiot utile’ (google : Trump, idiot utile) ;
  • Un processus de Brexit clair comme de la boue, menaçant de diviser la Grande-Bretagne pour les années à venir et de détourner cette grande nation d’un partenariat étroit avec d’autres nations européennes pour s’attaquer à d’autres problèmes cruciaux et urgents ;
  • Le défi d’élaborer des politiques compatissantes mais prudentes en matière de migration, ce qui a mis à rude épreuve les valeurs professées par l’Europe de ‘dignité, d’égalité, de liberté et de solidarité’;
  • La menace du terrorisme devenant monnaie courante et provoquant des réactions officielles excessives, nourrissant ainsi la peur publique, restreignant la société civile et les droits de l’homme, et stigmatisant les minorités ;
  • Un vide spirituel continu et une confusion morale contribuant à une nouvelle législation, compromettant la dignité de la vie autour de la naissance et de la mort.

Rien de tout ceci ne nous donne l’envie de sortir du lit le matin.

Plus que conquérants

Pourtant, même avec peu de raisons d’être optimistes, nous sommes appelés à vivre en tant que gens d’espoir. Car l’espoir biblique n’est pas basé sur les circonstances ou les perspectives naturelles. L’auteur du livre des Hébreux nous dit que l’espérance est une démonstration des choses qu’on ne voit pas (Hébreux 11:1). L’espoir biblique est basé sur le caractère de Dieu et ses promesses, dont aucun d’entre eux ne change (Hébreux 6:19). Cependant, ceci ne nous protège pas forcément des moments difficiles. Paul parlait d’être ‘pressés de toutes parts, mais non écrasés ; inquiets, mais non désespérés ; persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non anéantis’ (2 Corinthiens 4:8-9). ‘Qui nous séparera de l’amour de Christ ?’ demande-t-il à ses lecteurs romains (8:35). ‘Sera-ce la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, le danger ou l’épée ? Non, dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.’

Nous nous sommes habitués à l’idée de paix et de prospérité comme étant normale. Pourtant, nous venons de traverser une période sans précédent et anormale de l’histoire européenne. Il n’y a aucune garantie que cela durera. En fait, des voix prophétiques, aussi bien du passé que du présent, nous ont mis en garde de ce qui nous attend alors que nous nous écartons des fondements spirituels qui ont rendu possible cette époque.

T.S.Eliot, par exemple, écrivait en 1948 : ‘Je ne crois pas que la culture de l’Europe pourrait survivre à la disparition complète de la foi chrétienne. Si le christianisme s’en va, toute notre culture s’en va.’ Robert Schuman disait, en 1956, que la démocratie devait être chrétienne, sans quoi elle deviendrait tyrannie ou anarchie. Déjà en 1992, Jacques Delors prévoyait que si nous ne parvenions pas à trouver une âme pour l’Europe – par laquelle il voulait dire une spiritualité et un sens –la partie serait finie.

Surprises

Mais la partie n’est pas (encore) finie. Notre Dieu est un Dieu de surprises. Il est à l’œuvre en coulisses, de manière que nous ne comprenons peut-être pas, comme les disciples le découvrirent quelques jours après avoir perdu tout espoir à la crucifixion ; et comme Paul et Luc le découvrirent à travers leur naufrage sur l’île de Malte (voir la peinture ci-dessus), une expérience effrayante qui apporta néanmoins le salut et la guérison aux Maltais.

Les scenarii ci-dessus ne représentent pas l’image complète. Beaucoup de musulmans viennent à la foi en Isa (Jésus) à travers leurs troubles ; des milliers de chrétiens européens ont tendu la main aux migrants et aux défavorisés de multiples façons. Un musulman en appelle même à un ‘jihad d’amour’ après que sa femme ait été tuée dans une attaque terroriste à Bruxelles.

Peut-être que la meilleure résolution que nous pouvons prendre pour cette nouvelle année est de vivre en tant que peuple de lumière et d’espoir, choisissant de vivre pour la vérité (face aux mensonges), l’amour (au lieu de la haine), la miséricorde (par opposition à l’indifférence) et la justice (par rapport à la tyrannie).

Soyons aussi réconfortés par le fait que l’année 2016 a montré à quel point les prédictions pouvaient être erronées !


À la semaine prochaine,

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