Un espace pour la conversation

octobre 10, 2016

Suite à un petit-déjeuner de prière à Strasbourg, l’an dernier, quelques eurodéputés m’ont demandé comment eux et leurs équipes pourraient en apprendre plus sur l’histoire de l’Europe et sur l’origine des problèmes actuels.

« Nous sommes tellement pris par notre politique que nous n’avons pas le temps de lire ou de penser » se plaignaient-ils.

Kathia Reynders, notre collègue belge du Centre Schuman, a eu l’idée d’ouvrir un salon à Bruxelles, comme « un espace informel pour les conversations sur l’Europe ». Cette semaine, elle a déménagé dans un appartement au Boulevard Charlemagne pour y mettre en place un salon, à un jet de pierre du siège de la Commission européenne, le Berlaymont, et à deux minutes de marche de la gare et de la station métro Schuman.

Au cours des prochains mois, des volontaires l’aideront à préparer le salon afin d’y tenir ‘des conversations’ avec, en invités, des intervenants spéciaux – des auteurs, des universitaires, des politiciens, des journalistes – abordant des problèmes européens contemporains, d’un point de vue de la foi et des valeurs chrétiennes.

Le salon, espace de dialogue informel sur la philosophie, la religion et la politique, émergea au cours du seizième siècle, en Italie, et se développa au cours des dix-septième et dix-huitième siècles en France, généralement accueilli par des femmes d’influence, fortunées, qui choisissaient les thèmes et les invités. Ni une cérémonie d’église, ni un événement d’Etat, le salon devint un incubateur des idées du Siècle des Lumières, tout comme les cafés de Londres et de Vienne.

Mais beaucoup plus tôt, Jérôme, un des premiers pères de l’Eglise des 4ème et 5ème siècles, écrivit au sujet des salons à Rome qui devinrent des centres informels pour les chrétiens apprenant l’argumentation et la dévotion, tenus dans les ménages de femmes influentes, comme Marcella et Paula.

Soutien

Kathia, née à Bruxelles, m’a assisté ici, au bureau du Centre Schuman à Heerde, aux Pays-Bas, depuis le début de l’année dernière jusqu’au mois dernier. Elle a étudié et travaillé dans plusieurs centres de JEM en Europe. Elle détient une maîtrise en relations internationales et commence en outre des études postuniversitaires sur le christianisme et la société à l’Université de Tilburg. Un conseil consultatif, tiré d’un large éventail de mouvements et d’organisations chrétiennes basés dans la région bruxelloise, dont notamment JEM, IFES, COMECE, et les Alliances évangéliques européennes, la soutient dans son travail au salon.

En plus des ‘conversations’ régulières, Kathia prévoit d’organiser des cercles de lectures, des soirées cinéma, des excursions et un cours d’études européennes, pour tous ceux qui sont intéressés à comprendre l’Europe d’un point de vue de la foi et des valeurs. Les activités seront postées sur le site web du Centre Schuman : www.schumancentre.eu/salon. Le salon offrira une bibliothèque de ressources contenant des livres, des magazines et des vidéos sur le passé, le présent et l’avenir de l’Europe, dans une atmosphère de calme réflexion et d’étude.

Bien que pas pleinement opérationnel avant la nouvelle année, le salon accueillera un événement inaugural à la fin de ce mois, le 29 octobre, avec une excursion à la Maison d’Erasme d’Anderlecht, dans la banlieue de Bruxelles, deux jours après l’anniversaire de la naissance du célèbre humaniste chrétien, et deux jours avant la Fête de la Réformation. Le 31 octobre prendra officiellement fin l’Année de la Bible, appelée à commémorer la publication, en 1516, du Nouveau Testament parallèle en grec et en latin d’Erasme. Ce jour marquera aussi le début de la 500ème année depuis que Luther a cloué ses 95 thèses à la porte de l’Eglise de Wittenberg.

Idées fausses

Ceci est donc une occasion appropriée pour explorer la contribution d’Erasme à la Réforme et de remettre en question les idées fausses répandues au sujet de ses croyances, de ses passions et de son œuvre. Tous sont invités à nous rejoindre au salon à 14 heures, pour un café et un thé, alors que je mènerai une conversation sur Erasme et la Réforme, avant de nous rendre à pied à la station de métro et d’effectuer le trajet vers Anderlecht. Là-bas, nous aurons une visite de la maison de son ami, Pieter Wychman, où Erasme se remit de sa maladie en 1521. Nous verrons des éditions rares et anciennes des écrits de l’érudit, ainsi qu’une collection de peintures des quinzième et seizième siècles. Nous retournerons ensuite au salon pour quelques rafraîchissements et une conversation de clôture.

Des excursions futures sont prévues sur d’autres sites, à l’intérieur et autour de Bruxelles, dont le lieu de détention et de martyre de William Tyndale, à Vilvorde, la cité universitaire de Louvain, avec son riche héritage spirituel, et aussi loin que Luxembourg et Scy-Chazelles (respectivement le lieu de naissance et le lieu de résidence de Schuman, en Lorraine française).

Après la nouvelle année, Kathia et le salon pleinement opérationnel, accueilleront un cours d’études européennes, donné par moi-même, le quatrième samedi de chaque mois, de 10 à 15h30, de janvier à juin. Deux samedis se concentreront sur le passé de l’Europe, révélant le paradoxe d’une Europe façonnée par la Bible et par le rejet de la Bible. Les deux samedis suivants exploreront des réponses appropriées au sécularisme, à la nouvelle spiritualité et à l’Islam, en Europe aujourd’hui, et évalueront également le projet européen à la lumière des valeurs bibliques. Enfin, les deux derniers samedis considéreront un cadre relationnel pour l’Europe de demain, et les défis et opportunités auxquels nous sommes confrontés.

Bien que ce salon particulier sera au cœur de la capitale européenne, c’est peut-être un modèle à reproduire dans les coins les plus reculés de ce continent, tellement dans le besoin, sur le plan spirituel.


À la semaine prochaine,

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