‘Un réfugié aimerait avoir vos problèmes !’

juin 19, 2017

Le slogan obsédant du titre ci-dessus, renforcé par le visage désespéré d’une femme dans un camp de réfugié, criait vers moi, depuis un poster du HCR (Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés) sur un mur de mon bureau, peu de temps après mon arrivée aux Pays-Bas dans les années 1970. Ce souvenir m’arrête à chaque fois que je suis tenté de me focaliser sur les problèmes autour de moi.

Demain, le 20 juin, est la Journée mondiale du réfugié, durant laquelle nous serons appelés à réfléchir tant sur la force que sur la vulnérabilité, tant sur le courage que sur la peur, et tant sur la persévérance que sur le désespoir de millions de réfugiés.

Imaginez si vous deviez choisir entre faire face à la mort dans un pays déchiré par la guerre, ou vous enfuir et laisser vos bien-aimés derrière vous. Imaginez si vous deviez choisir entre payer plusieurs années de salaire pour risquer de traverser la Méditerranée dans une épave flottante impropre à la navigation en mer ou rester chez vous face à un avenir désespéré. Imaginez si votre jeune femme était détenue à une frontière par des trafiquants d’êtres humains, vous forçant à continuer seul avec votre nourrisson.

Hier, beaucoup d’églises se sont unies dans la prière pour les plus de 65 millions de personnes déplacées dans le monde aujourd’hui. Soixante-cinq millions ! Imaginez la population entière de la France sans foyer !

Le mouvement 24-7 Prière a produit un Guide de prière pour les réfugiés et les déplacés, offrant des réflexions pour encourager les individus ou les groupes dans la prière. Le guide encourage l’engagement dans les batailles et les défis auxquels les réfugiés font face dans le monde entier, sous les gros titres suivants :

  1. Les réfugiés ont un nom : Lorsque nous mettons les réfugiés dans un même sac, sous un label impersonnel, nous pouvons facilement oublier que chaque réfugié à un nom personnel, un nom de famille et une identité distincte connue de Dieu. Il connaît chaque histoire et aime chaque personne.

Agar, l’esclave d’Abraham, s’est retrouvée dépossédée et en fuite. Pourtant, Dieu la rencontra dans son désespoir. Elle donna ce nom au Seigneur qui lui parla : « Tu es le Dieu qui me voit », car, disait-elle, « Ai-je vu la trace de celui qui me voit ?». C’est pourquoi le puits fut appelé Atta-El-Roï – Genèse 16:13-14 (Segond 21). (Atta-El-Roï signifie ‘puits du Dieu vivant qui me voit)

  1. Tout le monde a besoin d’une maison : En parlant avec des réfugiés et des personnes déplacées, vous réalisez rapidement que la plupart ne veulent pas ‘une vie meilleure’ dans un endroit nouveau. Ils veulent une vie sauve et stable dans leur pays natal. Ils veulent rentrer chez eux.

Nos stéréotypes peuvent nous faire croire que les réfugiés sont les familles les plus pauvres sans biens ni possessions, pourtant en réalité, beaucoup ont dû laisser leur confort à la maison.

  1. Les familles sont indissociables : En temps de guerre, les familles sont séparées. Les enfants se perdent. Les pères vont de l’avant. Des membres de la famille se noient en mer. Il est presque impossible pour nous d’imaginer ce que ce serait d’être déconnectés de nos familles, isolés et seuls.

Nous devons prier pour les personnes vulnérables perdues et effrayées, celles qui sont séparées de leur famille. Pouvons-nous aider les réfugiés à trouver le sens de la famille et du foyer en les accueillant dans nos maisons et communautés ? Quelles initiatives de soutien pouvons-nous trouver en ligne ?

  1. Ne tournez pas le dos : les paroles de la chanson de U2 Sunday Bloody Sunday disent :

And it’s true we are immune

When fact is fiction and TV reality

And today the millions cry

    We eat and drink while tomorrow they die.

Français :

Et c’est vrai que nous sommes immunisés

Quand le fait est la réalité de la fiction et de la télévision

Et aujourd’hui les millions pleurent

Nous mangeons et buvons, tandis que demain ils mourront

C’est facile de devenir immunisé et apathique face aux défis des réfugiés en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique et au-delà. Pourtant, Jésus vit les multitudes harcelées et sans défense et ne s’en est pas détourné.

Nous ne le devons pas non plus. Nous devons persévérer à donner une voix à ceux qui n’en ont pas. Nous ne devons pas cesser de regarder parce que c’est trop pénible. Avec l’aide de Christ, nous ferons face à la réalité de la souffrance dans le monde avec un sentiment d’espoir.

  1. Pouvons-nous réellement prier pour la paix ? La paix mondiale peut facilement devenir une prière de routine que nous utilisons lorsque nous ne savons pas quoi dire d’autre en réponse aux situations difficiles. Pourtant, nous devrions prier régulièrement et passionnément afin que la paix règne dans notre monde brisé. Lorsque la paix s’installe, le monde change. La prière est puissante. Notre Dieu répond aux prières. Continuons à persévérer dans la prière.
  2. Que puis-je faire ? En tant que chrétiens, nous sommes appelés à agir contre l’injustice. Nous pouvons donner aux organismes directement impliqués dans l’œuvre auprès des réfugiés. Nous pouvons créer des groupes de prière pour continuer à prier après cette semaine ; même si nous ne sommes pas physiquement ensemble, en nous engageant à nous arrêter et à prier ensemble à un moment donné de la journée.

Nous pouvons nous engager dans des programmes de sensibilisation et parler aux leaders d’églises de ce que nous pouvons faire en tant qu’église, en utilisant ce dossier d’information rempli d’idées.

  1. Des leaders qui sont des artisans de paix : nous avons besoin de dirigeants politiques qui seront des artisans de paix, œuvrant afin d’apporter la justice, la stabilité et la fin de la crise des réfugiés. Prions pour que des dirigeants compatissants et justes influencent nos nations en tant que pacifistes.

Et rappelez-vous toujours : un réfugié aimerait avoir vos problèmes.

 


À la semaine prochaine,

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